30 janvier 2006
Hommage tardif
Cette note traînait dans mes archives depuis bien longtemps. Par
manque de courage et de temps, je ne me décidais pas à la finir et à la
publier... Elle fut inspiré par ceci. J'avais prévu un texte plus développé, mais... Et il est préférable qu'elle voit le jour avant le 16 février 2006 à 4h45 du matin.
Lyon. Découvert rue de Trion (5e arrondissement) à l'emplacement de la
nécropole. Bloc de calcaire local (120 x 80 x 65) en remploi dans un
mur de cave.
Edition princeps.
D(is) M(anibus)
Et memoriae aeternae
G(aii) Martini Lotharis
Qui vixit annis [...]
Mensibus VII diebus XI
Amaranta Lupi
Karissimi
P(onendum) c(urauit) et sub asc(ia) ded(icauit).
Aux Dieux Mânes et à la mémoire éternelle de Gaius Martin Lothar, qui a vécu (?) années, sept mois et onze jours, Amarante pour son loup (?) très cher a fait élever ce tombeau et l'a dédié sous l'ascia.
Le texte de cette inscription présente les caractères habituels
d'une épitaphe funéraire lyonnaise, avec notamment l'association de
l'ascia et de l'expression Memoriae Aeternae, qui permettent de dater l'inscription entre 150 et 200 p. C. Le cognomen
du défunt, Lothar, est un hapax à Lyon, mais on peut supposer qu'il
s'agissait d'un Germain gallo-romanisé, à moins de le rapprocher du nom
biblique Loth qui en ferait plutôt un Gréco-oriental. L'une et l'autre
hypothèses n'ont rien d'étonnant, Lugudunum étant à cet époque un grand
pôle commercial qui attirait de nombreuses ethnies. Le nom de la
dédicante, lui, est à rapprocher d'amarantus, l'amarante.
Un détail, cependant, sont hors normes : l'épithète Lupi,
que nous avons traduit littéralement "à son loup" par défaut. A notre
connaissance, c'est un hapax dans toute l'épigraphie latine. Est-ce un
terme affectif ? Un surnom ? Il serait peut-être un peu osé de le
rapprocher du terme lupa, au féminin, qui pouvait désigner une prostituée.
D'après d'éminents
naturalistes, consultés pour l'occasion, le poisson gravé sous
l'inscription serait une morue : la symbolique chrétienne serait donc à
écarter. L'interprétation chrétienne ne correspondrait par ailleurs pas à la datation haute de l'inscription.
Revue d'actualité gallo-romaine, n° 2563, janvier 2006.
Une annonce maintenant.
Ceci est ma dernière note pour une période indéterminée. J'invoque pour excuse, et à ma plus grande honte
(celà pour Tippie), le manque de temps et le manque de goût (la faute à
l'agrég' : je ne tiens pas à vous accabler de mon marasme). Je vous
laisse donc en compagnie de ma délicieuse co-morue et de ses petites
culottes. Ca ne vous changera d'ailleurs guère de d'habitude, puisque
c'est elle que vous lisez ici le plus souvent !
Vous me lirez sans doute encore dans les commentaires de ce blog
et d'autres, mais je vais tenter une cure de désintox', et essayer de
réserver le glandage-blog aux week-ends.
Je vous dis quand même à bientôt !
29 janvier 2006
Humiliation ou mes grands moments de solitude
Bon je me décide enfin à répondre à la chaîne envoyée par Tippie mais faudra pas trop compter sur Amarante donc comme je n'ai aucun sens du ridicule, je me jette à l'eau.
En fait, répondre à ce genre de chaîne est difficile pour moi car je suis le genre de personne qui vit de grands moments de solitude environ 3 ou 4 fois par heure. J'en fais vivre aussi beaucoup, il faut avouer que je suis aussi discrète, calme et silencieuse qu'un groupe de touristes espagnols dans un monastère de chartreux. Évidemment, je pense que vous n'avez pas quelques jours à passer pour lire mes conneries. Je ne vais pas vous raconter la fois où à 9 ans j'ai confondu ma mère, ni comment dans la rue apercevant quelqu'un que je croyais connaître, je me suis mise à hurler "Hé Véronique comment vas-tu-yau de poële?"et bien sûr c'était quelqu'un d'autre, ni comment je me suis retrouvée ce vendredi chez mon gynéco avec encore une culotte animalière ( je fais ça par décence, pour Amarante, pour les statistiques de Canalblog et Googueule)...
Non je vais essayer de le faire à ma manière .... Vous avez peur, vous tremblez... Héhéhéhé, évidemment je vais le faire en Trois Parties!
1) mon manque de discrétion génétique: il est dû en grande partie à ma mémoire qui est aussi puissante que celle d'un hamster arthritique. Finalement ça donne droit à des répliques cultes telles que "Quoi fallait pas dire à Machine que son ex sort avec sa meilleure amie ( de Machine hein.)?" ou "Quoi fallait pas dire à Bidule qu'il n'était pas invité à la boom alors que tu disais que tout le monde était invité?" ( Bidule était à côté évidemment... sinon c'est pas drôle) ou ahaha celui là me poursuit encore dans le même genre que Crooke " Ahlala, je comprends comment Mme Schmutt est prof, elle a eu son concours dans une pochette surprise ou a dû sucer tout le monde." ( Je ne vais plus au cours de Mme Schmutt sur le Phédon...)
2) mes goûts vestimentaires disons particuliers au collège m'ont valu aussi de grands moments: "hé t'as les ongles bizarres aujourd'hui, me disait-on " Evidemment, j'avais du vernis à ongles de toutes les couleurs du rose fluo au jaune en passant par le bleu turquoise ( je les piquais dans les magasins en Espagne mais là je me suis jamais fait choper, j'ai réussi à être discrète). Un jour, j'ai fait sensation avec les ongles blancs à pois rouges car on a cru à une maladie...
J'ai eu ma période grunge avec mon magnifique tee-shirt Kurt Cobain ramené fièrement de Londres avec dessus une couronne mortuaire et une photo de Kurt au milieu. La maman de Pica Pica s'en souvient encore et d'autres pauvres mères traumatisées. Ah oui, et il y a les tresses avec des coquillages au bout qu'on m'a forcé à enlever car elles faisaient trop de bruit en EPS
3) l'alcool c'est mal... surtout quand on doit nettoyer les toilettes après ou qu'on va au resto dans le 6ème avec Amarante ( le 6ème arrondissement de Lyon c'est comme le 16ème à Paris) . C'est tout ce que j'ai à dire sur ce thème...
Voilà... Enjoy
24 janvier 2006
Grand Jeu Concours du Mois
Ou le mystère impénétrable de la main énigmatique
Depuis 1820, personne ne sait où elle est passée. Tout le monde ignore comment et où elle a pu disparaître. Vous vous demandez mais qui, mais qui?
Je m'explique.
Le Graal littéraire que vous devez chercher ce soir est très mystérieux. Tous les philologues distingués de la Troisième République se sont cassés les dents sur ce problème. On murmure que quelque part dans une cave de Paris, des vieillards cherchent des manuscrits perdus pouvant éclairer leur lampe et que si on les croise quand ils sortent acheter le Figaro, on se met à déclamer" Il ( le poéte) ignore l'encens: l'amour et l'amitié/ de son coeur, de ses vers occupent la moitié". Faites attention vous qui rodez à des heures impossibles vers la Sorbonne et Ulm car vous aussi pouvez être maudits!
Cette énigme si vous arrivez à la résoudre vous procurera par contre ( à ce qu'ils disent) amour, gloire et beauté ( ils sont très moches eux). En tout cas, vous résoudrez un sacré problème littéraire.
La grande question c'est: mais où est passée la seconde main?
Maintenant accrochez vous car je vais citer des vers de notre illustre poète (pouet pouet) préféré de l'année, André Chenier qui visiblement est un petit joueur. Ces vers sont tirés de "La lampe"( page 230, édition Paradigmes, 39 euros):
"Le jeune homme près d'elle arrivait pas à pas.
Alors je vis s'unir ces deux bouches perfides
En des baisers liés par leurs langues humides.
J'en entendais le bruit. Le traître, d'une main,
Pressait avidement les globes de son sein;
L'autre, les plis du lin qui cachaient ses ravages
M'empêchaient de la suivre et de voir tes outrages."
Mais où donc est passé l'autre main? Encore la faute à des plis importuns qui empêchent le poète voyeur de voir.
J'en appelle à votre bon coeur, à votre âme pure et éthérée, à votre patriotisme car oui! Il faut défendre cet illustre poète national! C'est notre devoir camarades! Sauvez et réhabilitez la critique littéraire de la Troisième République, ces illustres moines ascètes pleins de sages et doctes vertus qui ont préféré le célibat au mariage pour établir une édition d'André Chenier!
La récompense sera notre éternelle gratitude, celle de tous les agrégatifs de France et de Navarre. Sinon ( car j'avoue que c'est assez décevant) je sais pas, je peux faire des bisous ou un post spécial votre fête, celle de votre mère ou de votre chien / animal domestique/ petit(e) ami(e)
21 janvier 2006
Sainte Agnès
Je ne vous ferais pas le coup des 21
Janvier à travers l'histoire qui sont aussi nombreux que les 2 Décembre
mais comme je connais deux Agnès qui sont de très bonnes coupines, je
crois que c'est l'occasion d'un petit hommage.
D'abord un peu
d'histoire: Née au IIIème siècle après l'autre là à Rome, l'Agnès fut
poursuivie par un préfet romain visiblement libidineux et pédophile
mais elle le refusa. Après tout elle n'avait que 13 ans.
Mais au
lieu de lui dire "Écoute mon grand, tu es très vieux, tu pourrais être
mon père et franchement c'est cliché un vieux et une jeune.En plus, je
veux passer mon agrégation et vu le nombre de postes, il vaut mieux que
je m'y mette tôt. Et puis t'es moche" Cette bécasse lui dit: " Je suis
déjà promise à quelqu'un de plus noble que toi."L'autre évidemment est
dingue de jalousie.
Au lieu de se rattraper en disant que c'était
un quelconque fils de propréteur ou de sénateur, que le contrat de
mariage est déjà signé, qu'elle est désolée, cette petite écervelée lui
dit: "C'est Jésus Christ!"
Petit rappel: à cette époque là le
christianisme était légèrement condamné pour son non respect des cultes
de l'empereur, et il y avait deux trois persécutions.
L'affaire
prend de l'ampleur et le préfet lui ordonne de faire un sacrifice aux
dieux romains. Évidemment Agnès refuse, je crois même qu'elle se met à
bouder. Après tout, elle a raison, c'était très salissant un sacrifice
aux dieux romains! Mais la condamnation si elle refusait était d'être
enfermée dans un lupanar ou bordel. Elle refuse( ça devient lassant me
direz vous). On la déshabille devant tout le monde et on la fait
défiler nue dans toute la ville. Et comme vous le savez, c'est grand
Rome!Et là c'est le drame ou le miracle plutôt. Ses cheveux se mettent
d'un coup à pousser et couvrent sa nudité. C'est pour ça que sainte
Agnès est la patronne de la chasteté et des produits capillaires. Mais
une théorie peu connue veut qu'elle ait avalé de la potion de
Panoramix développée dans "Astérix le Gaulois"
Arrivée au lupanar,
comme ça sans prévenir un ange arrive et l'enveloppe d'une lumière
éblouissante. Ce qui est complètement idiot puisqu'elle fut condamnée à
être brûlée vive. Enfin, ça servait un peu à rien à mon avis. Au moins
les dieux païens enlèvent leurs petites copines dans les airs au lieu
de les laisser se débrouiller avec des bourreaux romains. Et Zeus sur
son taureau enlevant Europe, ça a de la gueule non?
Donc on l'emmène
à la rôtissoire ou au bûcher mais problème, le combustible (Agnès) ne
voulait pas brûler. Donc on l'a égorgée. Résultat: béatification pour
ce martyr de la foi que je trouve assez sympathique. Moi à 13 ans, j'avais plus le culte des acteurs de Beverly Hills que celui de JC mais bon chacun son truc hein.
Moralité: les Agnès sont des dures à cuire et sont très entêtées.
Et BONNE FÊTE A TOUTES LES AGNES!
20 janvier 2006
Microbes attacks
Je voudrais m'excuser de mon silence
des derniers jours mais j'ai été très occupée sur le front de la lutte
anti-virale. Bref, deux trois virus à passer au karcher.
La collection de prêt à porter de cette saison se décline
de deux manières:
1)d'abord, début de la semaine avec un superbe
rhube assorti d'une voix de camionneur et nez rouge de vieux clodo
porté avec élégance et raffinement par notre mannequin vedette Sissyneck
2)
et fin de la semaine à nouveau par notre mannequin vedette décidément
très en forme cette saison: la gastro entérite portée cette année dans
les toilettes et assortie d'un reste de vieux rhume, petit accessoire
qui a son charme et son originalité.
Encore une semaine scintillante de glamour et de sensualité.
Il
y a un truc qu'on ne vous dit jamais quand vous passez des concours: le
manque d'activité physique, le stress de la préparation et la
nourriture de merde que vous ingurgitez vous exposent à toutes sortes
de saloperies. J'ai fait une anémie assez grave à une époque et dès
qu'il y a une épidémie de quoi que ce soit, mon corps devient le temple
des microbes et divers antibiotiques, une vraie usine chimique quoi.
Mais
ne croyez pas que je suis la seule dans cette situation, j'ai pu
observer au cours de ma longue pratique des préparations des concours
qu' il y a 3 catégories que je développerai maintenant comme
d'habitude(parodie de style de dissertation):
1) les tuberculeux:
toujours la goutte au nez, deux ou trois paquets de mouchoirs pour une
heure de cours. Ils sont malades toute l'année, allergiques au
printemps et enrhumés l'hiver. Résultat, ils ne savent plus ce que
c'est que l'odeur d'une fleur ou le bon goût d'un café lyophilsé à la
machine. Par contre, ils ne reconnaissent plus que l'odeur de
l'eucalyptus qui sert de Destop pour le nez. Le résultat pour les autres pourrait se résumer ainsi:
Le prof_ "Et la voie Appia va de Rome à ..." Snirflfle flfllf. Vous avez entendu quelque chose? Je crains que personne n'a rien entendu.
2)
les digestifs: si ce
n'est pas le transit, c'est le mal de ventre, si ce n'est pas le mal de
ventre, c'est la difficulté à digérer certains aliments. Avec eux, vous
savez que tôt ou tard, vous ferez une visite des toilettes du lieu où
vous vous trouvez. Imaginez, Rome, le colisée, la Piazza Navona, le
baroque et le "est-ce que tu sais s'il y a des toilettes dans
l'église?". Ou alors, milieu d'un cours passionnant sur les éléments
formulaires dans le chant 16 de l'Iliade, une main se lève timidement
"est-ce que je peux sortir, je me sens pas bien."Sans laisser le temps
au prof de répondre, elle est déjà dehors courant plus vite qu'un
coureur de fond sous EPO.
Le résultat pour les autres: je sais pas; moi ça me fait bien rigoler en tout cas.
3) les maux de tête: les pires, jamais un truc qui va, toujours un pêt de travers. D'ailleurs ça tient plus du psychologique que du physique. Le truc à retenir c'est que rien ne va, jamais, physiquement ou mentalement. L'autre truc important, c'est qu'il convient de le dire haut et fort. Toujours à se plaindre en bref, à tort et à raison mais ça plombe le moral de tout le monde. Ils n'ont pas toujours mal à la tête mais le donnent à tout le monde en tout cas. D'ailleurs, les autres ont toujours tort et les maux de têteux ont la vérité sur tout, ils ont tout vu et se chargent de le faire savoir au grand dam des autres qui veulent se moucher ou aller aux toilettes.
En conclusion, ne vous approchez pas de nous!
17 janvier 2006
Morue sachant cuisiner
"Le grand cuisinier se reconnaît dans son habileté à ne pas lâcher un téléphone dans la sauce."
Amarante. Aphorisme. 17 janvier 2006.
Moi qui n'ai pas de Môman à domicile pour me préparer mon
frichti du midi dans un tupperouère — qui a dit "Et ta grand-mère,
alors" ? Vous tenez vraiment à me faire prendre 3 tailles de jeans ? —
moi donc, disais-je, j'en suis réduite à me faire moi-même mon maigre
frichti, à élaborer donc de savants menus alliant aspects diététique
et pratique, à faire les courses en conséquence, et à me cuisiner
suffisamment à l'avance le dit pique-nique. Ceci sans compter la verve
téléphonique de Melle ma co-morue, j'ai nommé Sissyneck...
J'ai donc une fois de plus cuisiné mon cake salé hebdomadaire
(une tranche associée à des crudités et à un fruit constitue un régime
acceptable pour une journée de cours d'agrég) l'oreille collée à mon
téléphone. Je dois avouer que cela complique nettement le processus,
étant donné qu'il s'agit de réussir à suivre la recette tout en gardant
l'oreille collée au téléphone, tout en ayant les mains occupées à une
chose et l'esprit à l'autre. Prouesse technique donc, bien que cela
rallonge considérablement la confection et la conversation — oui, il
est assez difficile d'entendre quelque chose quand mon mixer au
décollage fait concurrence à la douce voix de stentor de Sissyneck...
Fort heureusement, la recette est éprouvée, et j'ai de
l'entraînement, je vais donc pouvoir manger cette semaine. Malgré
tout, c'est un art qui ne va pas sans quelques aléas. j'ai en effet
benné la moitié de mon fromage de chèvre à côté du mixer derrière
l'étagère...
Morale de la fable :
avec une cuisine équipée, cet incident n'aurait pas lieu d'être et le
fromage serait réutilisable. — Mais est-ce un argument recevable auprès
de mes bailleurs de fonds, i.e. mes gracieux parents ?
Ultime solution :
que l'évolution nous dote d'une oreille préhensible pour tenir le
téléphone et éviter de fait le torticoli et un angle de vision oblique
du bol du mixer.
Qui a suggéré d'éviter de téléphoner en cusinant ?
13 janvier 2006
Encore une semaine flamboyante
Cette semaine, dans ma classe, les
professeurs nous ont concocté un superbe programme: une agrégation
blanche. Pour ceux qui n'ont pas connu les joies des prérations à des
concours, il s'agit d'une simulation du "vrai concours"pour
s'entraîner. A la fin, vous ressemblez à une serpillère au teint
d'endive et aux cheveux gras (j'exagère à peine) qui plus est vous
ressemblez vraiment à une serpillère car de toute façon à quoi ça sert
de bien s'habiller quand on passe 7 heures enfermés dans une salle.
Donc à l'occasion ,j'ai ressorti mes plus beaux pulls kaki et caca
d'oie.
Donc pas grand chose à raconter sinon... Je vais vous raconter un truc que je gardais au cazou...
KING KONG AVEC MÔMAN Ou l'expérience de la honte
Vacances
de Noël, froid de canard, St Prout la banlieue dortoir où j'habite.
Môman m'avait proposé un jour d'égarement d'aller voir King Kong avec
elle. J'aurais dû me méfier car ma mère en bonne immigrée espagnole a
plus de pragmatisme que Nicolas Sarkozy et est strictement incapable
d'user de son imagination. Je me suis dit que pour une fois je pouvais
me sacrifier, tant pis j'allais au ciné avec Môman. Je tiens à préciser
que le dernier film que j'ai vu avec elle est l'inoubliable "Maman,
j'ai raté l'avion 2".
Enfin, l'arrivée au ciné s'est bien passée,
l'installation aussi, rien ne laissait présager du désastre. Première
demi heure absolument fantastique, la reconstitution du New York des
années 30 est magnifique un vrai régal. Et là c'est le drame, à côté de
moi, j'entends " Mais il est où King Kong?"Le film dure plus de 3
heures et le calvaire ne fait que commencer... Je réponds "Non Maman,
les gorilles géants ne se trouvent pas à New York."
Un demi heure
après c'est le festival ,entre les sauvages de l'île "Beurk sont
moches! ", les bébêtes toutes plus sauriennes qui peuplent l'île
"Beurk!" et les "Mais quand est ce que ça finit?" Ma mère a pourtant
son âge qui n'est pas celui de mon neveu de 5 ans, c'est une dame
respectable à la retraite... Dire que je n'ai pas pu apprécier le film
serait un euphémisme... J'ai compris ce qui se passait, ma mère croyait
qu'elle allait voir King Kong à Disney et qu'il allait gambader dans
une île avec Bambi!
Mais non manque de bol l'île s'appelle L'île du
Crane (pas spécialement sympathique à première vue), elle est entourée
de brouillard, les sauvages qui la peuplent sont sanguinaires et
pratiquent les sacrifies humains et il y a des dinosaures tous plus
dentus et écailleux les uns que les autres ! Je comprends la déception
de ma mère qui voulait voir de la peluche et des mammifères de taille
décente.
Le pire est venu quand à la fin (super émouvante, j'avais
réussi à avoir une espèce de larme à l'oeil!) l'héroïne monte sur le
gratte ciel pour sauver King Kong ( là j'étais au bord des larmes
tellement c'est beau, némouvant, le gorille mérite un oscar d'ailleurs)
, j'entends bouger à côté de moi et dire " Pfff c'est pas ta tante qui
ferait ça!". La tante en question est obèse et se déplace
difficilement... Il y a quand même un gentil citoyen qui lui a dit de se taire mais lui elle l'a écouté, pas moi qui lui disait de chuchoter au moins au lieu de hurler ( en espagnol en plus, snif...)
Ça caaaaaaasse. Elle a gâché tout le film, nonseulement je me sentais encore plus vieille fille mais j'ai même pas pu profiter du film (très bien du reste).
A la fin, je l'ai engueulée comme du poisson pourri, non mais....
Autre
réflexion indigne d'intérêt (après j'arrête promis), je dois m'acheter
des culottes (oui je sais mais je peux pas porter la culotte snoopy
tous les jours non plus, c'est pas hygiénique) et je suis allée en
acheter en solde. Là j'ai compris la grande différence entre les
célibataires (moi) et les casées et fières de l'être: moi je m'extasie
sur un culotte avec des pingouins ( que j'achète) et les autres sur un
string diaphane qui ne couvrait rien... Il y a celles qui se contre
foutent de leur lingerie parce que personne ne regarde et les autres qui
pensent à celui qui va regarder la lingerie...
10 janvier 2006
La grippe à bière ( attention elle arrive!)
Il y a une maladie qui rode
mystérieuse, inconnue, très mais très contagieuse et inguérissable...
Elle peut vous toucher, elle s'attaque à toutes les couches de la
population, tous sexes zet tous âges. Elle ne fait aucune
discrimination et une fois que vous êtes contaminés il est impossible
de guérir car cette maladie est ( oui c'est affreux) incurable. Une
fois touchés, vous serez marqués à vie et vous porterez ce poids sur
vous pendant les courtes années qui vous restent à vivre...
Il s'agit de la GRIPPE A BIÈRE...
Mais qu'est-ce que la grippe à bière me direz vous?
C'est
une maladie affreuse qui touche tout le monde. Pire que la peste, pire
que le choléra, pire que la connerie humaine, pire même que la grippe
aviaire qui nous plonge dans la psychose, il y a la grippe à bière...
Tremblez braves gens car vous aussi vous pouvez être des victimes.
Vous
croyez vivre une petite vie tranquille, être dans un train train
quotidien mais là c'est le drame... Les symmtômes commencent: vous
sirotez une ptite bière après le boulot, tranquilles l'innocence même.
Vous regardez le 13h de Tfou, vous vous félicitez que votre voiture n'a
pas brûlé dans la guerre civile urbaine quand soudain...
Parti du tréfonds de votre gentil
estomac un tremblement, une agitation terrible, une angoisse gastrique
commence, votre ventre gonfle gonfle gonfle et BUUUUUUUURRRRP.
Et
ce n'est que le début, au cours des mois ton corps change ( mais ce
n'est pas sale comme dirait le doc...), il évolue, ton ventre continue
à gonfler dans des proportions que tu ne soupçonnais pas jusque là. Et
là c'est le drame ( bis, ptin faut que j'arrête Morandini...)car tu
auras beau t'énerver, faire du sport, tes abdos kro resteront toujours
là. Tu devras te résigner à porter le pantalon sous la brioche, à ne
plus aller à la plage car tes enfants auront honte de toi et ta femme
regardera de manière indécente les maîtres nageurs et les surfeurs.
Te voilà marqué à vie, condamné à avoir l'air d'une femme enceinte jusqu'à la fin sans pouvoir accoucher....
Copyright: " Les archéologues de Ludna et les safaris beaufs dans le Beaujolais"
(
Âmes sensibles s'abstenir, ce délire nauséabond vient de la façon de
prononcer le mot aviaire par mon espagnole de mère qui après 40
d'occupation du sol français confond toujours les b et les v. Môman si
un jour tu me lis, sache que je suis toujours ta douce fifille mais je
sais pas, en ce moment je suis d'humeur scato héhéhé et pas romantique
du tout)
08 janvier 2006
Tornado
La journée avait commencée comme un dimanche ordinaire. Levée
aux environs de 10h, traînage sur internet, petit déj' prolongé en
compagnie de De Cape et de Crocs (Oui, je revise : le 7e tome sort
bientôt ! Et en plus Ayroles et Masbou viennent dédicacer à la Fnac
Bellecour le 10 février !). Puis confection de gratin dauphinois
(enfin, presque, j'ai oublié de racheter de l'ail), débarbouillage. Sur
les coups de 15h, j'avais enfin fini la vaisselle et mon thé. Allait
commencer la longue après-midi d'un dimanche que je passserais encore
à me battre avec moi-même pour tenter d'ouvrir un bouquin ou de prendre
un stylo. Assortie de toute la culpabilité inhérente à une glande
prolongée devant internet au moment crucial où j'arriverais enfin à
m'assoir devant mon bureau.
Sauf que.
Miracle de l'épiphanie peut-être ? Je me suis mise à faire le
ménage. Ménage qui attendait depuis un certain temps déjà de triompher
de la flemme et des horaires d'agrégation. C'est-à-dire que la dernière
fois où mon aspirateur avait vu le jour se perdait dans les limbes de
ma mémoire. J'ai d'ailleurs décidé de le prénommer Marvin, vu l'état de
dépression dans lequel je l'ai trouvé.
Ceux qui me connaissent bien diront que j'ai encore trouvé un
moyen pour ne pas bosser. Certes. Mais il y avait urgence.
J'ai donc briqué tout l'après-midi, frotté dans les moindres
recoins, chassé des moutons de poussière sur le point de se mettre à
bêler, ramassé les diverses choses que je n'avais pas arrêté de faire
tomber toute la semaine (depuis lundi, c'est drôle, ce sont toujours
les mêmes : les livres d'agrégation d'un côté puis de l'autre du
bureau, le porte-lettres qui choit à cause de la chute des bouquins, le
spray désinfectant, le verre à dent, les bouteilles en plastique... Mon
Bailly, par chance, n'a pas réexpérimenté le vol plané de mardi)...
J'ai désespéré devant mon canapé, en simili-déhoussable. Que ma mère a
commis l'erreur de commander couleur écrue. Désespéré devant les
rideaux de mon salon, que je ne supporte plus. Il faudra que je fasse
une razzia au marché aux tissus de Montmartre, la prochaine fois que je
viens à Paris, pour trouver un pia à canapé et de quoi faire des rideaux le jour où je ne passerai plus l'agrég'.
J'ai viré le tapis de mon entrée, parce que j'en avais marre, et
finalement, c'est plus lumineux comme ça (bon, c'est peut-être dû au
remplacement de l'ampoule 60W par une de 100W, certes). J'ai accroché
une affiche et des tracs d'Avignon à la cuisine, j'ai déchiré des
cartons planqués depuis 2 ans derrière le lit de camp, monté le tapis
au grenier...
Besoin de changement, en fait. J'aime mon appart' mais le jour
où j'aurais un salaire, il y aura de nombreux changements ! Je ferai
casser l'alcôve, pour commencer. Pour faire une grande pièce à vivre au
milieu, et changer la tapisserie. J'aimerais des tapis d'orient aussi.
Un meuble avec plein de tiroirs pour mes affaires de dessin. Une
bibliothèque (mais là, je vais peut-être finir par réussir à traîner ma
mère chez ikea dans deux semaines), ça fait 3 ans que mes étagères
débordent...
Grand remue-ménage qui m'aura permis une découverte insolite
(chez moi en tout cas). En poussant le coffre en osier à la salle de
bain pour passer l'aspirateur, j'ai découvert une boîte de
préservatifs... Passé le premier moment d'incrédulité – quelle
distorsion de l'espace-temps pouvait bien conduire ce genre d'ustensils
à se matérialiser dans la salle de bains d'une morue vieille fille,
aigrie et auto-dévalorisée ? – passé le fou-rire à la lecture du dos de
la boîte, j'ai rendu à César ce qui appartenait à César : ma soeur est
venue passer le début des vacances de Noël avec le dernier petit-ami en
date chez moi, pendant que j'étais à Paris. D'habitude, après son
passage, j'hérite plutôt de chaussettes solitaires !
Certes, leurs usages sont assez proches : couvrir un appendice ou l'autre...
****
Malgré le passage de la tornade, il reste une étape
d'importance, devant laquelle mon courage s'est soudain évaporé : mon
bureau. qui reste impraticable, noyé sous les papiers. Et une pile de
livres écroulés.
Mon dimanche aura été presque productif. Et presque pas déprimant, s'il n'y avait eu la note de Martin lothar.
07 janvier 2006
Remise de récompenses
Bon ça fait très remise de prix et remerciements aux Oscars mais bon je m'en fiche, je vais le faire quand même. On prend son souffle...
Je remercie Melle Moi pour son post exeuprès, Amarante, Crooke, Monsieur Camille, Coco (bravo!!), Zeugme, Still, ( bravo pour la mobilisation Melle Moi!!), Tous ceux qui m'ont souhaité bon anniversaire de vive voix, par mails, sms.
Je remercie aussi le boulet qui me sert de prétendant d'avoir dit, "pfff 24 ans t'es trop vieille pour moi." Quel soulagement! Aussi aux Ledoyen qui se sont tus pour une salutaire fois quoique je tends le bâton pour me faire battre, les pervers des culottes qui persistent à venir et à partir la mine basse et la queue entre les jambes.
Eh oui, 24 ans, il faut que je me décide à faire quelque chose de ce qui me sert de vie, l'âge de raison quoi!
Merci encore (petite larme à l'oeil...)

