28 février 2006
Mission impossible
Votre mission si vous l'acceptez: définir le mot "eupareunie" comme ça sans avoir recours à un dictionnaire ni aucune autre aide extérieure sauf celle de votre cerveau ( là on est mal barrés) ou de votre co-morue à la bibliothèque pendant qu'elle faisait son thème latin ( ça ne me rassure pas là...)
Pour montrer que je fais des Lettres Classiques, je propose deux étymologies:
- "eu"bien, "par" de para, à côté et "eunie" qui viendrait d'eunoia, la bienveillance. Donc la qualité du philosophe généralement épicurien du "rien ne vaut un chez soi" ou la bienveillance pour moi mais pas pour les autres. La générosité bien placée en somme. Normal, un philosophe épicurien aime sa solitude, son tonneau, un petit mignon à côté et il sera très sympa avec vous si vous lui foutez la paix... Maintenant on appellerait ça, le "sentiment d'insécurité qui fait exploser les loisirs créatifs à faire chez soi pour éviter de sortir dehors mais en famille car on s'aime tous très fort"
- le début est le même mais eunie viendrait d'eunè en grec qui signifie la couche, ce serait le fait d'être bien à côté de son lit, pas dedans. Évidemment, c'est la qualité d'un autre genre de philosophe " le cocu content", content de voir son lit occupé par l'amant de sa femme qui prend beaucoup de plaisir à cela, il cède sa place et dort à côté du lit. C'est devenu le synonyme de civilité, courtoisie car évidemment celui qui cède sa place fait preuve d'une grande abnégation et d'élégance. C'est donc devenue une des qualités du stoïcien capable de tout supporter malgré la douleur.
Comme je fais les choses bien, je suis tenue de citer une légende racontée par Ovide dans les Métamorphoses au livre XVI. La nymphe Eupareunie était poursuivie par Apollon qui bien qu'étant dieu de la beauté ne se prenait que des râteaux. En l'occurrence, pour une fois, ce n'était pas le cas. Eupareunie, fille d'une nymphe appelée Plèsiazie et d'un Titan nommé Aischrotès, était folle de lui. Apollon, bien content de n'avoir à transformer personne en arbre, fontaine, animal coucha avec la belle qui fut fort satisfaite du service rendu mais elle avait oublié de lui dire qu'elle était mariée à Bothroproctos (littéralement "Trou du cul" en grec). Celui-ci arrivant trop tôt dans la grotte conjugale surprit les deux amants faisant des affaires ensemble et beaucoup de commerce se fâcha tout rouge, s'empara d'une serpe et faillit couper les roupettes d'Apollon qui s'enfuit les roupettes entre les jambes chez Môman. Comme quoi, être marié à Eupareunie ne vous donne pas les qualités d'eupareunie
Aux mauvaises langues qui diraient que le mot ne signifie pas cela, je leur réponds "Qu'ils soient eux par honnis Dieu" (Rutebeuf ancien français d'où ordre des mots bizarre).
Sinon en espagnol, je leur dirai ce proverbe: Si me dices que mi abuela tiene ruedas, pues es una bicicleta" ( "si tu me dis que ma grand-mère a des roues donc c'est une bicyclette", autre traduction de "parle à mon cul que ma tête est malade")
27 février 2006
De L'art de briller en société
Aujourd'hui, j'ai appris un nouveau mot. Je vous entends déjà me dire "Rien à foutre!". Certes, c'est vrai, en ces temps de pandémie à bière, ce la peut passer pour superflu mais attendez un peu... ( Petit rappel de ma Môman: attention aux pigeons... véridique)
Aujourd'hui, j'ai appris le mot chronotope grâce à la merveilleuse et sémillante Aspasy. C'est un mot de critique littéraire qui est censé signifier quelque chose de trop long à écrire et qu'on a résumé en un seul mot... Ça vient de Bakhtine ( communiste de merdre!)
Soit dit en passant, je me suis toujours dit que les linguistes et critiques littéraires ne devaient pas être payés à la ligne comme Balzac et que pour se venger parce qu'ils avaient dû signer un contrat, ils inventaient des mots pareils pour se défouler sur les pauvres étudiants qui ne comprenaient rien de rien.
Bon je me disperse là... Chronotope donc... Commençons par ce que ce n'est pas:
Une chronotope n'est pas une maladie sexuellement transmissible et n'a rien à voir avec la grippe aviaire.
Un chronotope ne doit pas être confondu avec:
* Une chronotaupe: charmante taupe qui voyage en Deloréane à travers les couloirs du temps pour se venger des méchants jardiniers (légende urbaine non vérifiée)
* l'expression top-chrono qui sert aux sportifs ( puisse la grippe aviaire s'abattre sur eux!) pour faire les zouaves en même temps en shorts moule bittes de préférence rouge et le tee shirt de l'entreprise de leur beau-frère avec un appareil inventé par un vicieux linguiste: le chronomètre.
Là, je sens que quand je vais vous dire ce qu'est réellement un chronotope vous allez être super déçus.
Les dérivés de chronotope sont:
* le verbe chronotoper: un exemple. Hurlez très fort dans une bibliothèque cossue " Chronotope Amarante!" , je suis sûre qu'elle court se cacher donc chronotope.
* le chronotopant: produit dopant du temps, impression que le temps va plus vite sans bouger de sa chaise. Dans toutes les bonnes pharmacies à côté des vaccins contre la grippe aviaire ( bon j'arrête) ou dans un autre genre: internet est chronotopant.
* un chronotopé: un frappé du bocal. Exemple: Sissyneck est chronotopée tout le temps et partout
* le chronotopage: activité du chronotopé qui chronotope en prenant du chronotopant
* le chronotopeur: suite à une méprise et une faute d'orthographe, c'est celui qui est chargé d'attraper la Chronotaupe, héroïne masquée et imprenable.
Maintenant que vous avez tout compris, je vais vous dire ce qu'est un chronotope:
c'est "l'étude du temps et du lieu dans un texte litéraire."
Déçus hein! (enfin si vous êtes arrivés au bout...)
Bon je retourne prendre un grozac.
Et comme dit ma grand-mère: "Aunque el mono se viste de seda, mono es y mono se queda"
(version de "L"habit ne fait pas le moine" qu'on traduit par "même si le singe s'habille de soie, c'est et ça reste un singe.")
25 février 2006
la fièvre du samedi soir
Amis blogueurs,
Vous êtes doublement chanceux : non seulement vous allez avoir droit à
une seconde radio sur ce site, mais en outre je vais, pour vous, jouer
les DJ sur ce blog, en ce samedi soir.
Voici donc, sur notre antenne, et rien que pour vous, MA play-list (qui répond naturellement à la désormais cultissime interview que ma co-morue a donné au magazine Rock&Flock) :
(et avec les commentaires du DJ, siouplaît !)
On commence, comme de juste, par le début, la Chanson pour un matin pluvieux : Amadou et Mariam, La réalité. A la fois pour quitter les songes de la nuit en douceur, et pour affronter pluie et grisaille.
Sur la route de la fac : the Dandy Warhols, Not if you were the last junkie on earth. Parce que je carbure aux Dandys en ce moment, non à l'héro, et qu'il me faut bien ça pour supporter les cours.
Parce que j'échangerais bien le métro lyonnais pour un cheval, la Chanson cow-boy : Thomas Fersen, Je n'ai pas la gale. Cow-boy breton, spéciale dédicace à Crooke (en lien à droite).
Dans la journée, par exemple, quand Sissyneck joue pour moi les bulletins d'informations, une Chanson politique : Sanseverino, Le tango des gens.
Quand mes délicieux petits camarades d'agrégation commencent à me courir sur les nerfs, et que je me remets doucement à les mépriser (après avoir eu une semaine de vacances pour les oublier) : Boris Vian, J'suis snob.
En sortant de cours, je retombe bien souvent dans une rage adolescente : the Smashing Pumpkins, Bullet with butterfly wings.
Fin de journée, dans mon appart' solitaire, après avoir lancé, en vain, telle une future Catwoman, quelque « Hone-y, I'm ho-ome ! » auquel pas un chat ne répond : Chanson que ça fait mal quand il est parti (même si ça fait longtemps, et qu'il n'a jamais mis les pieds dans cet appart') : Chet Baker, I fall in love too easily.
Pour se remonter le moral, un peu d'ironie et une Chanson "lascive" : Thomas Fersen, Diane de Poitiers.
Et pour conclure l'épisode tragi-comique, la Chanson décrivant un lieu : Bénabar, Quatre murs et un toit. Que je trouve très émouvante, bien que j'espère de tout coeur ne pas me retrouver dans un pavillon de banlieue à élever des nains (en plâtre et en chair).
Viennent d'hypothétiques soirées, où je ne danserais pas cette année : Bande originale du film Chicago, And all that jazz. Oui, moi, le jazz me donne envie de danser.
Toujours dans l'hypothétique, quand l'alcool commence à réchauffer l'ambiance : Chanson pour déclencher une baston : Offenbach, Les contes d'Hoffmann, Acte I : duo Lindorf–Hoffmann, "Et par où votre diablerie" (José van Dam–Roberto Alagna).
Et pour l'arrêter, naturellement : the Beatles, All you need is love.
The end, j'ai encore trop bu, bière ou pas : Chanson pour chialer dans sa bière (ou dans son lit) : the Dandy Warhols, You were the last high.
Merci d'être resté à notre écoute, ce soir. C'était DJ Amarante, pour Radio-Morues !
Et j'espère avoir prouvé, suite aux accusations fallacieuses de ma co-morue, que j'ai des goûts musicaux éclectiques, malgré ma monomania actuelle, symptôme lié à l'agreg'...
24 février 2006
Sissyneck is back
Il était temps que je revienne parce qu'avec vos histoires de moutons et de chèvres émissaires, ce blog ressemblait à un grand naouak. Je note toute fois que, obsédés comme vous l'êtes par ce bel animal ( n'en déplaise à Melle Moi), vous devez avoir un peu besoin de prendre le vert comme je l'ai fait avec Amarante.
Voilà le bilan que l'on peut tirer:
Écureuils vus: 0 ( à vrai je ne me levais pas assez tôt et le chien d'Amarante ne sait faire fuir que les écureuils)
Citations de Chénier: 1 ( vraiment pour dire de). En fait, je n'ai pas déclamé du Dédé dans mon sommeil car j'avais une bonne toux mi-sèche mi-grasse qui me faisait tousser dans mon sommeil et une douce voix de camionneur.
Citations de Rutebeuf: trop. Je crois que je commence à parler en ancien français...
Notre programme a été on ne peut plus actif:
Matin: travailler dans le lit
Midi: manger
Après midi: petite promenade dans les bois et travail dans le lit
Soir: manger et regarder un épisode de Lost pour moi ( plutôt manquer de déchiqueter le bel ordinateur portable tout neuf d'Amarante à mains nues en tremblant d'énervement et en répétant comme une autiste "Mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai, mais c'est pas vrai....")
Avec Amarante, nous faisons très vieux couple à bosser en même temps les mêmes cours, dans nos lits et avec nos ipods sur les oreilles suscitant les commentaires à peine moqueurs de la soeur d'Amarante...
Par contre, je me suis rendue compte que j'ai créé un monstre. A force de saoûler Amarante avec ma musique, elle est devenue pire que moi. C'est vrai, en quatre jours, elle a écouté le même album des Dandys Warhols en boucle, avant de dormir, en bossant, tout le temps quoi. J'ai peur d'avoir créé un monstre. Enfin, moi aussi pendant quatre jours, j'ai écouté le même album des Dandys Warhols mais pas le même...
Seule ombre au tableau: je ne rêve qu'une d'une chose: l'agrégation, les cours, l'agrégation, les cours. Au point qu'hier soir, je me suis réveillée sur les quatre heures du matin sans pantalon de pyjama qui était hors du lit donc il a vraisemblablement essayé de se suicider en ayant assez de me sentir gigoter en me débattant pour essayer de faire une dissertation en rêve... Nos rêves sont de grands sujets de conversation dans ma classe, il y en a trois catégories:
1) les prémonitoires: la nuit avant le concours, j'ai une amie qui a révé de l'auteur qui allait tomber et a eu raison. J'en rêve un soir sur deux et tous les auteurs ont dû y passer donc pour moi ça ne marche pas. On rêve beaucoup de la bourse d'agrégation qui nous sortirait d'une grosse merde financière. Ces rêves valent cher et sont toujours très attendus. Dans la civilisation grèco-latine, ils étaient importants, donc on y croit beaucoup à force de traduire des récits de rêves de telle ou telle matrone romaine.
2) les "je revis en sommeil ma journée de merdre": non seulement la journée a été difficile et il faut la rejouer en sommeil. Ce sont généralemnt ceux où mon prétendant apparaît en hurlant "Mais pourquoi ne m'aimes tu pas Sissyneck!"pendant que je fais une dissertation très ardue sur un auteur pas au programme.
3)les vrais rêves: ceux-là ne viennent pas souvent mais quand ils arrivent ils feraient passer "Pretty woman" pour un film de Bruce Willis car beaucoup moins romantiques...Je vois la vie que j'aimerais avoir si je n'étais pas devenue nonne ( hum agrégative oui...)
Et comme dirait ma mère: "Las cosas claras, el chocolate espeso"
( Ca veut dire: Les affaires claires et le chocolat épais, donc parlons nous franchement)
19 février 2006
Les bronzées
Juste un petit mot pour vous dire
qu'Amarante et moi allons nous absenter quelques jours pour passer ce
qu'on appelle des "vacances studieuses". Expression qui est vous
l'avouerez complètement idiote: des vacances sont un moment de repos et
de détente, et ne sont pas par définition studieuses. Expression aussi
conne d'ailleurs que la préférée de mes profs qui est "désigner un
volontaire".
Je crois que ce n'est plus de l'oxymore mais du foutage de gueule...
Quoiqu'il
en soit, à moi la nature et les balades en forêt! Le problème est que
dans cette contrée aussi reculée que Vanuatu, il n'y a pas Internet,
donc vous aurez la paix quelques jours...
Toutefois, je me suis donné quelques buts:
1) Effrayer quelques écureuils en déclamant du Chénier
2) Faire du tai chi tellement lentement que des oiseaux se poseront sur moi, je les effraierai ensuite en déclamant du Chénier
3) Faire peur à Amarante en déclamant du Chénier pendant mon sommeil.
4) Faire les mêmes trucs en déclamant du Rutebeuf dans le texte.
Voilà, je serai de retour jeudi.
En attendant, vous avez de la musique, de la lecture. installez vous, faites vous plaisir...
Je vous embrasse tous, à jeudi, je vous ferai mon rapport!!
18 février 2006
Oyez, oyez !
Hey everybody !
Dorénavant, nous avons une radio (en lien, à droite), sur laquelle vous pouvez
écouter une partie des titres cités par Sissyneck dans l'incomparable interview qu'elle a donnée à Rock&Folk.
Bon, pour l'instant, à moins de penser à ouvrir le lien dans une
autre fenêtre, vous ne pouvez pas avoir en même temps notre prose
divine et le son. Mais à force de bidouiller, je vais bien finir par
réussir à faire une fenêtre pop-up. Je ne désespère pas !
Bonne écoute et bonne lecture !
Moment d'anthologie : les morues au supermarché
Aujourd'hui, ma co-morue et moi-même nous sommes rendues dans
mon supermarché Atac préféré pour effectuer les quelques emplettes
nécessaires au grand dîner mondain et moruesque que je donnais ce soir.
Deux détails sont nécessaires à la compréhension de cette
histoire. Tout d'abord, je suis l'heureuse propriétaire d'un caddie
bleu-marine répondant au doux nom de Joël. Cela date de l'époque où
j'ai cohabité avec ma soeur : ma mère nous avait offert, pour aller
faire nos courses, un caddie que ma soeur a immédiatement — seul
contact qu'elle eu jamais, au reste, avec lui et tout supermarché —
baptisé Joël. Dans la famille, on ne dit plus, d'ailleurs, depuis, un
caddie, mais un joël.
Vient le second élément crucial : Sissyneck, grande fan de rock
devant l'éternel, vous l'aurez déjà compris, a décidé de faire mon
éducation musicale. J'ai donc, récemment, eu l'honneur de voir, grâce à
elle, le film de Ondi Timoner, Dig !, documentaire qui
retrace les débuts de la carrière des Dandy Warhols et du Brian
Jonestown Massacre. Je fais donc, depuis peu, partie des initiées qui
peuvent parler avec Sissyneck de l'une de ses idoles, Anton Newcombe,
leader du BJM. Bien que, personnellement, ma préférence aille aux
Dandys (et à Courtney Taylor) — que j'écoute en boucle ces derniers
temps — en grande partie à cause de l'insanity totale d'Anton
(bien qu'il faille reconnaître qu'il est, musicalement, un génie). Je
suis donc capable de parler, entre autres, de ses musiciens, ou plutôt
ex-musiciens (vu le caractère du personnage, il est actuellement le
seul membre qui subsiste de la formation d'origine). Et donc, de Joel
Gion, qui fut tambouriniste du BJM (il est aujourd'hui leader des Dilettantes) :
Après ce long incipit, je peux enfin en venir au coeur de mon
histoire. Sissyneck et moi-même partîmes donc à l'Atac, armées de mon
joël : Sissyneck (qui fantasme sur lui depuis de nombreuses années)
avait insisté pour le traîner. Au sortir de mon immeuble, la
conversation porta naturellement sur les Dandys, mon obsession
actuelle. De là, tout naturellement aussi, à Dig et au BJM. Le
rapprochement entre mon joël et Joel Bion ne fut donc pas long à
établir, puisque Sissyneck était déjà en train d'apostropher le caddie
(tout en criant : "Vinatier, Vinatier" — le célèbre hôpital
psychiatrique de Lyon). Nous avions à peine quitté mon pâté de maison
que le fou rire nous tenait déjà en imaginant mon joël en réincarnation
de Joel Gion, avec les lunettes en zyeux de mouche, les rouflaquettes,
le tambourin, le rock, l'héro et ses singeries en concert.
Sissyneck monologait donc en s'adressant à l'objet comme s'il
s'agissait de l'homme, l'incitant à traverser plus vite, à marcher
droit... Grand moment de solitude lorsqu'elle se dirigea vers la
vitrine d'un bijoutier en criant : « Allez, viens Joel ! On va regarder
des trucs de filles ! » La tête de la bonne bourgeoise du 6e qui
léchait déjà la vitrine... Au supermarché, nous avons
consciencieusement nourri Joel (qui s'est donc sérieusement empâté
depuis la grande époque du BJM) : oui, quoiqu'on en dise,
sex-drug-and-rock'n roll ne nourrissent ni les joëls ni les morues !
Sans oublier un pack de Leffe que Joel a biberonné.
En comparaison du trajet de retour, Sissyneck et Joel se sont
plutôt bien tenus au supermarché. Là, Joel s'est violemment senti
attiré pour un autre caddie bleu-marine, qui croisait notre chemin
(Sissyneck s'est brutalement figée, comme si le joël la tirait en
arrière). Ainsi que pour un petit chien qui traversait la route... Joel
s'est également amusé à sauter les trottoirs, au lieu de prendre
sagement les bateaux.
L'aventure a cependant tournée court pour ce pauvre Joel,
puisque Sissyneck l'a ensuite abandonné, trahi, pour aller voir Brokeback Mountain.
L'horoscope de 20minutes n'avait pas menti : Sissyneck a bel et
bien trouvé aujourd'hui une personne pour qui elle allait éprouver un
fort désir réciproque, Joel !
14 février 2006
Les fantasmes de la morue
En cette Saint-Valentin, je refais sur ce blogue une (brève ?)
apparition, pour dédier ce texte et mes considérations, à mes morues et
VFAA* préférées. Il s'agit d'un extrait de Liaisons étrangères,
d'Alison Lurie. Il est ici question de l'un des protagonistes du roman,
Vinnie Miner : « agée de cinquante-quatre ans, elle est petite, laide,
et célibataire, bref, le genre de personne qu'on ne remarque pas ; mais
qui enseigne dans une université prestigieuse de l'est des Etats-Unis,
a publié plusieurs livres et a une réputation bien établie dans le
domaine florissant de la littérature enfantine. »
Comme
elle l'avait fait dans les premières années de son adolescence, Vinnie
prit pour objet de ses désirs romanesques des hommes qu'elle
connaissait à peine et ne voyait que rarement. Ce n'était plus des
vedettes de cinéma, mais des écrivains et des critiques dont elle avait
lu les oeuvres, qu'elle avait entendus parler ou même rencontrés
brièvement à l'occasion des réceptions qui suivent généralement les
conférences ou lectures publiques à l'Université. Au fil des années,
elle s'offrit donc le plaisir de relations imaginaires avec, entre
autres, Daniel Aaron, M. H. Abrams, John Cheever (...) Comme le montre
cette liste, elle avait un faible pour les hommes d'un certain âge, et
ne choisissait que des intellectuels (...)
Les liaisons imaginaires de Vinnie étaient en général de courte
durée, bien qu'il lui arrivât, influencée par un nouvel ouvrage ou une
conférence remarquable, de revenir à une ancienne passion.
J'ai eu une révélation hier, en lisant ce texte... Je m'y suis
reconnue. Certes, je ne suis ni petite, ni laide (enfin, je crois ?),
je n'ai pas encore 54 ans (donc l'espoir est encore permis), et je
n'enseigne pas encore dans une université prestigieuse des Etats-Unis
(je préférerais la côte ouest personnellement). Par contre, côté
fantasmes... Il suffirait de remplacer écrivains et critiques par
personnages de fiction romanesque et chanteurs de rock, avec entre
autres Sirius Black, Marc Vandoosler, Thomas Fersen, Corto Maltese,
Courtney Taylor... Comme le montre cette liste, Amarante avait un faible pour les mauvais garçons, ténébreux, romantiques et musiciens (ou médiévistes au chomâge) !
Voilà. Je voulais juste vous faire part de ce texte (et de ce
livre que je vous recommande chaudement) qui se prêtait bien à la
saison !
* Vieilles Filles Aigries et Autodévalorisées, membres de l'association du même nom.
Accessoirement, je tiens à vous signaler que, pour une fois, les
prévisions d'Elizabeth Teissier (TV Magazine, semaine du 12 au 18
février) se sont avérées. D'ordinaire, le 3e décan du cancer attire ses pires pronostics, cette semaine, pourtant : La Pleine Lune du 13 (ah, c'est donc pour ça que j'ai mal dormi) et le 15 mettent l'accent sur vos finances, votre budget. Une rentrée, le 15 ? Elle s'est juste trompée d'une jour...
Moi qui ne lit mon horoscope que pour prouver que je n'ai
toujours pas trouvé le grand amûr qu'ils m'y prédisent systématiquement
!
13 février 2006
L'Agrégation ou l'impossible Saint Valentin
Bon l'agreg ne rend pas beau ni jet setteur mais l'agreg ne vous rend pas maqué non plus! J'ai toujours droit au " Mais quand est-ce que tu nous ramènes quelqu'un?". Déjà, si jamais je trouvais un mec, je le présenterai que s'il est vacciné et psychanalysé pour supporter ma famille de fous mais en plus, l'agreg ne vous donne pas beaucoup d'occasions de trouver un mec. En plus, quand je sors c'est avec des copines et dans des endroits qui généralement ne facilitent pas le contact humain genre le théâtre, chez Amarante, le ciné...
Alors me direz-vous, pourquoi ne pas en trouver un dans ma classe? Déjà, il n'y en a pas beaucoup, en plus il faut les voir...
Hé bien je vais vous faire faire un voyage dans la foire aux monstres et vous comprendrez que c'est impossible... (en trois parties bien sûr...)
1) Les velus: ceux là ont une pilosité pour le moins extravagante. Trolls avec poils qui sortent du col de la chemise, ils ne pensent que thème grec, grammaire et Phédon de Platon. La conversation type est "Qu'est-ce que tu as fais ce week-end Sissyneck?_ Rien, je suis crevée donc j'ai dormi et toi?_ Ben j'ai fait mon thème grec, traduit tout Eusèbe, lu les oeuvres complètes de Marguerite Duras, ..." ( A ce moment-là, je n'écoute plus et je regarde par la fenêtre.)
Bon ,je sais j'aime les poils mais ceux-là sont particulièrement lourds, ils ont oublié de vivre et d'avoir de l'humour... Particulièrement lourds, ils croient qu'ils vont nous épater en citant Chénier (ben tiens comme si ça allait me plaire!...)ou en vous faisant tout un cours sur Marguerite Duras (encore mieux tiens!)
2) Les cathos et/ou ex-séminaristes: paaaaaaaaaassionés par tout ce qui peut t'arriver, geeeeeeeeeeentils tout plein. Pendant des années, ils ont évité tout contact avec l'autre sexe tentateur et maintenant ils ont faim, ils veulent de l'amoooooooour et du sexe, ils veulent une future reproductrice surtout qui sera prête à passer les quinze prochaines années de sa vie enceinte jusqu'à tarissement de la source.
J'en connais un qui, malin, cherche une gonzesse pour se faire la main et une autre avec un bon pédigree pour lui servir de reproductrice...
Très gentils, sans humour, la moindre blague grasse ou sexuelle leur fait se dresser les oreilles ou autre chose. Emoustillés par n'importe quelle fille qui les approche, ils croient que rien parce qu'elle leur dit bonjour, elle leur dit "je t'aime pour toujours."
Encore plus frustrés que moi, tiens...
3) Le Lepeniste de ma classe: les abdos kro, le regard torve, il est cassant. Lui, il écoute de la vraie musique ( opéra baroque, Fernandel et Bourvil), vous, vous écoutez de la musique de sauvage ( hé ouais moi j'aime la musique électrique), le ton paternaliste, il te dira que si le monde va mal c'est la faute de l'immigration et surtout aussi les grêves des transports lyonnais ont le don de le mettre en rogne.
Pas d'humour non plus, pas de vie, pas envie de lui parler non plus.
C'est pas de la mauvaise volonté de ma part, c'est pas que je veux pas mais non j'ai encore de l'estime pour moi...Bon j'avoue, j'ai un prétendant, il appartient à la première partie donc vous comprendrez que c'est pas possible.
Par contre, si vous voulez m'aider, j'accepte les lettres d'amour sur ce blog pas sérieuses, complètement idiotes et loufoques!
Proverbe du jour ( pas d'équivalent français): pour vous messieurs
"Bragueta abierta, pajara muerta"
( Braguette ouverte, petit oiseau mort)
12 février 2006
Sissyneck pontifie Bis
Comme promis la semaine dernière, je continue et termine le diptyque "Moi interviewée par Rock'n'Folk" et comme je ne joue toujours pas de musique et que je n'ai pas fait le dernier album qui Changera Votre Vie, je continue sur la mauvaise foi.
Là je fais le questionnaire des "Ou". Bon ils font ça selon les goûts des gens qu'ils interviewent alors je le ferai selon mes propres goûts...
* Mode Mégalo ON*
* Beatles ou Stones? Sans hésiter les Beatles. Pour moi, ils ont tout trouvé et ont un sens de la mélodéie imparable. A leurs débuts, ils connaissaient trois accords et ont crée des mélodies intemporelles. Attention, j'ai rien contre les Stones mais ça m'a moins marqué que les Beatles. Et j'avoue, j'ai topujours eu un faible pour Paul... tellement craquant sur la pochette de Sergent Pepper dans son petit uniforme.
* Pete Doherty ou Josh Homme? Joooooooooooosh
* Blur ou Oasis? Là encore, sans hésiter Blur qui ont beaucoup mieux vieilli que les Oasis qui continuent à plagier les Beatles. J'adore "Wonderwall" mais je trouve qu'ils se sont trop reposés sur leurs lauriers et ont arrêté de créer pour cachetonner. Les derniers albums de Blur sont vraiment intéressants, il y a de supers mélodéies comme "Out of time". Amarante m'a dit que Blur c'est mou. C'est sûr que c'est pas Metallica mais entre Blur et Gorillaz, je trouve de belles mélodies, une recherche... En plus Amarante, t'as qu'à revenir comme ça ce blog ressemblera à quelque chose!
* The Brian Jonestown Massacre ou The Dandy Warhols?( pour ceux qui ont vu Dig!): là c'est dur. Disons qu'en bonne fillasse, je préfère physiquement Anton Newcombe le chanteur du Brian.. L'album des Dandy "Thirteen Tales of Bohemia" m'a accompagné et continue à m'accompagner partout. Là, je sais pas je sèche... En tout cas, je conseille les deux.
* Rap ou Reggae? ni l'un ni l'autre. Pour moi ( et rien que pour moi), c'est de la musique de glands. La musique reggae me donne envie de secouer un arbre pour me défouler, je déteste l'idôle Saint Bob Marley. Si Blur est mou, le reggae c'est aussi rapide qu'un cortège funéraire. J'ai jamais accroché et "No woman no cry" me donne envie de vomir ( d'ailleurs excuseez moi, il faut que j'y aille, rien que de l'écrire...).
Le rap est aussi une musique de glands à cause de l'image de la femme qu'ils donnent dedans, avec leur focalisation sur le " J'ai plus de femmes que n'importe qui donc j'ai un plus gros zizi et je sais m'en servir". J'éduque d'ailleurs mon neveu très tôt, à cinq ans il écoute Nirvana et les White Stripes. Il sait aussi que sa tata faut pas la faire chier.
Je sais je dis toujours que le rock est une musique pour lever des nanas, une musique hormonale mais elle ne cherche pas à faire de l'autre un jouet sexuel et rend paradoxalement la femme plus belle. Ecoutez Johnny Cash. Y-a-t-il une seule chanson d'amour chez un rappeur? Hum j'ai lancé Googueule mais ça fait trois jours qu'il cherche encore et je crois qu'il vient de déclarer forfait.
*Franz Ferdinand ou The White Stripes? Les deux évidemment.
*Thé ou Café? Les deux si possible au litre et avec plein de sucre.
* Frramge ou dessert? Les deux, hein STV?
Bon j'arrête de dire des conneries. Je passe ça à personne mais si on veut me piller allègrement je veux bien puisque je pille déjà ma Bible du Rock.
*MOde Mégalo OFF*
Comme les blagues pourries ne marchent pas trop, je vais finir mes posts par un proverbe espagnol. En plus, là je suis sûre de ne jamais manquer d'inspiration... Comme ça grâce à moi, vous aurez un concentré de sagesse à chaque post... En toute modestie, je les trouve beaucoup plus imagés que les français. Celui de ce soir est la version hispanique de "Parle à mon cul que ma tête est malade."
"Predique usted Padre Anton que me cago en su sermon".
Traduction: " Sermonnez Père André que je chie sur votre papier". (je traduis comme ça pour garder la rime)

