Bancs de morues

« Globalement inoffensive(s) » Douglas Adams

28 mai 2006

D'un don

S'il y a bien une chose qui m'amuse dans cette vie, c'est d'inventer des mots (oui je sais, je suis quelqu'un de super fun...).

Sisi, j'ai différentes techniques.
Allez, ça faisait longtemps...
    1) Le détournement:
des noms de marque, des lieux voient leur nom subitement perdre ou prendre des voyelles...
Chez moi, on va faire ses courses à la fnuc ou à carrouffe. Je ne me mouche pas , je snouffe. Comme je suis très originale, je vais faire poupouille quand je vais aux toilettes.
    2) Le plus employé, la suffixation:
Recette de cuisine: vous prenez un mot, n'importe lequel, vous lui rajoutez un truc au bout. L'ingrédient qui a le plus de piment pour moi, celui qui a le don d'épicer toutes mes conversations, c'est le suffixe -ouille.
Le Rhône quand il menace d'inonder la ville coulouille. Mon surnom ( donné par Pica Pica, allez savoir pourquoi...) c'est Frisouille ( oui la suffixation est contagieuse)
Melle Moi a un don, celui de socratouiller. Voyez, ce n'est pas une philospohe mais elle a le don de vous faire accoucher vous même. Dès que vous discutez avec elle, vous arrivez à faire sortir votre mal être de vous et tout d'un coup par l'art de la conversation msnienne (tiens un nouveau mot), ça va mieux, on sait pourquoi ça va mal et on se sent mieux, en plus on rigole pour ne pas bouder notre plaisir...
    3) un trait propre: l'espagnolitude
Dans ma famille, on parle espagnol mais bon, on parle l'espagnol de la date à laquelle mes parents et grands parents sont arrivés en France donc pour parler de trucs pas inventés en 1957, on mélange des mots espagnols et français: " Me gustan las baskets." ( j'aime les baskets). Jusque là, ça va... Le pire, c'est quand on rajpute des terminaisons espagnoles ou qu'on espagnolise un mot: dans notre vocabulaire, la poubella ( au lieu de basura), la pillula ( au lieu de la pildora), las lunetas ( au lieu des gafas). C'est franchement la honte quand j'arrive en Espagne et que je sors des mots comme ça et qu'on me regarde les yeux ronds, le filet de bave et qu'il faut que je m'explique.
On est aussi fainéant chez moi, quand on ne trouve aps un mot en espagnol, on le dit en français genre "Apaga la luz del couloir"( éteins la lumière du pasillo), "Donde esta el parking?" ( où est l'aparcamiento?)
Bah après même réaction en Espagne, la honte, le ridicule ne me fait pas peur...

Posté par Sissyneck à 20:45 - Brèves de bars et philosophie de morues - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ahah, c'est clair, le nombre de néologismes que j'ai repris en provenance de chez toi, c'est monstrueux :D Tu es fantastique :)

(et merci pour l'exemple de la socratouillation, ca me va droit au coeur, pour de vrai de vrai. Plein de smouitches)

Posté par Mlle Moi, 28 mai 2006 à 21:16

Oui, quand on culpardessutêtise la langue, c'est jouissif au possible ... et avec l'ordi, il y a en plus les erreurs de frappe qui en rajoutent ! C'est comme ça que tu viens de nous raconter que tu " rajputais des terminaisons " ;verbe digne d'un maharadjah !et encore meilleur au subj.imparfait ...
J'espère bien que tu as lu la série des "Fortune de France " de Robert Merle ? sinon, ploutche-toi z-y d'urgence, tu vas te régaler .
Y tu abuela ? su vida ,sus obras y sus hechos ? el suspince esta intolerable !

Posté par gothic inside, 29 mai 2006 à 10:24

A mi me gusta este nota. Very much.

Posté par STV., 29 mai 2006 à 11:57

Smouitchitude

Et les "smouitches" de Mlle Moi, c'est comme des genres de esmouitchos espagnols, mais sans olives ni anchois ? ça ressemble aux smouyitchiskyys au vinaigre que les russes se font entre deux petits verres de vodka aussi, ou au célèbre papouillon grec alors ? Faudra publier la recette !

Posté par You, 29 mai 2006 à 13:37

Mais dis moi ?

T'arrive-t-il de te bubonniser ?

Posté par Blairaude B, 07 novembre 2006 à 09:46

comme je te comprends!

(je suis tombée sur ton site absolument par hasard, je tiens à préciser; en tapant "thème latin" et "agrégation" dans mon moteur de recherche ;)
Alors moi, concernant l'espagnolitude, je suis exactement dans le même cas que toi (sauf que j'ai les mots du pays jusqu'en 1961), et ça a quand même toujours été très dur, notamment la fois où ma prof d'espagnol de terminale, ayant une confiance aveugle en ma connaissance de la langue, est allée retourner tous les dicos imaginables pour savoir où j'avais bien pu trouver le mot "malineria" (pour "malevolencia", bien entendu; sauf que nous autres, on est d'Estrémadure, et on est du peuple)qu'elle tenait pour une préciosité...
Bon, mais là, pour la première fois, je me sens moins seule :)

Posté par eleonore, 25 mars 2009 à 19:20

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