Bancs de morues

« Globalement inoffensive(s) » Douglas Adams

05 juin 2006

De la Da Vinci Daube

Je vais faire une oeuvre d'utilité publique aujourd'hui: vous expliquer d'un point de vue strictement littéraire pourquoi le Da Vinci Code est une honte et qu'on devrait le jeter à la poubelle sur le champ. Pourquoi me direz vous?
C'est simple: parce que c'est un mauvais livre.

Ça ne vous suffit pas? Bon, allez, je suis sympa, je développe et comme toute bonne dissertation , ce sera en trois parties, sauf qu'au lieu de thèse-antithèse-synthèse, ce sera antithèse-antithèse-antithèse.

1) cet idiot de Dan Brown ne dit que des conneries grosses comme lui: si comme moi l'an dernier vous aviez étudié ce livre magnifique, bouleversant et absolument chiant comme la mort-que-même-un-jour-chez-Tata-Concepcion-sans ipod-est un-rêve qu'est La Queste del Saint Graal, vous auriez su que l'invention littériare du Graal est venue pour contrebalancer le succès absolument gigantesque (oui... bon... douze manuscrits c'est pas mal pour le 13ème siècle)des chansons de geste autour de Charlemagne. Oui en gros, les Anglais ont inventé Arthur, Merlin, Kamelot pour faire chier les Français qui n'arrêtaient pas de se la péter avec Charlemagne, sa foutue barbe, son idiot de neveu et son cor de tapette. Mais ils sont moins bêtes que les Français, ils ont su rentabiliser cette histoire en la mâtinant d'éléments religieux, dans une époque où tout le monde voue un culte aux reliques où il y avait 22 omoplates de Sainte Véronique, on avait trouvé la relique suprème!Ils ont été encore plus forts quand ils ont franchisé l'appellation Arthur en la donnant aux français comme Chrétien de Troyes, aux allemands, aux italiens. Charlemagne était déjà complètement ringard et passé de mode.

Au moins, Umberto Eco base ses délires sur des faits, lui... Je passe le reste, où Jésus a pu tremper son biscuit m'intéresse assez peu...

2) Dan Brown écrit comme une bite: bon, soyons sympas, il maîtrise les points de suspension et le changement de chapitres, quand ça commence à être presque intéressant, paf trois petits points, nouveau chapitre et bon, vous êtes forcés de continuer...

Mais après? certaines scènes frisent le ridicule, genre quand le professeur explique à des prisonniers je ne sais plus quel tableau de Da Vinci (on dit comment maintenant d'ailleurs? De Vinci? Da Vintchi? Da Vinci?), vous avez remarqué? ils ont tous gentils,tout attentifs à la démonstration et ils parlent comme des petits péteux du MIT ou de Harvard, bref ils sont mignons comme des normaliens... mais cette scène frise le ridicule genre "moi professeur vous écouter moi très intelligent".

Ses personnages sont caricaturaux et à peine esquissés ( je ne m'exprimerais pas sur le cliché de Bézu  Fache), enfin je dis ça mais ils sont tous transparents sauf bien sur le professeur "un Harrison Ford en costume de Tweed", curieux tiens. Et là, vous regardez le derrière où il ya un zouile photo de ce cher Dan et tiens comme par hasard il a un costume en tweed et tiens il se la joue Harrison sur la photo... C'est donc le seul personnage avec une psychologie puisqu'il ressemble à l'auteur...

3) ce livre est une catin pour ne pas dire autre chose: pour attirer le chaland, elle sait ce qui fait plaisir, les Templiers, du complot, des choses qu'on nous cache... Le problème c'est que pour écrire ce genre de bouquins, faudrait peut-être se documenter avant. Avec Melle Moi, nous avons vu Saint Sulpice, Dan Brown non... d'où quelques imprécisions...

J'espère avoir fait un post d'utilité publique...

Posté par Sissyneck à 21:40 - Aux grands auteurs, les morues reconnaissantes - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2006

"Écrire aux trois allures, pas, trot, galop" (1)

    « Toujours, j'ai des livres sur moi, dans mes poches, mes sacs, mes valises,  que j'ouvre partout, dans  la rue, le métro, l'avion, les files d'attente, sur l'herbe, en forêt, en voiture, au feu rouge, des livres que je martyrise, souligne, écorne, déforme, ils sont mes compagnons de route, mes confidents, mes maîtresses, mes adversaires, mes stupéfiants, ma force et ma faiblesse. Ils ne me laissent aucun répit. Je ne les laisse jamais en paix. Je leur sais gré du bien qu'ils me font. Je leur en veux de la dépendance dans laquelle ils m'enferment. »

Jérome Garcin
Cavalier seul
(p.233)

Posté par Amarante à 17:23 - Aux grands auteurs, les morues reconnaissantes - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 février 2006

Les fantasmes de la morue

  En cette Saint-Valentin, je refais sur ce blogue une (brève ?) apparition, pour dédier ce texte et mes considérations, à mes morues et VFAA* préférées. Il s'agit d'un extrait de Liaisons étrangères, d'Alison Lurie. Il est ici question de l'un des protagonistes du roman, Vinnie Miner : « agée de cinquante-quatre ans, elle est petite, laide, et célibataire, bref, le genre de personne qu'on ne remarque pas ; mais qui enseigne dans une université prestigieuse de l'est des Etats-Unis, a publié plusieurs livres et a une réputation bien établie dans le domaine florissant de la littérature enfantine. »

    Comme elle l'avait fait dans les premières années de son adolescence, Vinnie prit pour objet de ses désirs romanesques des hommes qu'elle connaissait à peine et ne voyait que rarement. Ce n'était plus des vedettes de cinéma, mais des écrivains et des critiques dont elle avait lu les oeuvres, qu'elle avait entendus parler ou même rencontrés brièvement à l'occasion des réceptions qui suivent généralement les conférences ou lectures publiques à l'Université. Au fil des années, elle s'offrit donc le plaisir de relations imaginaires avec, entre autres, Daniel Aaron, M. H. Abrams, John Cheever (...) Comme le montre cette liste, elle avait un faible pour les hommes d'un certain âge, et ne choisissait que des intellectuels (...)
  Les liaisons imaginaires de Vinnie étaient en général de courte durée, bien qu'il lui arrivât, influencée par un nouvel ouvrage ou une conférence remarquable, de revenir à une ancienne passion.

  J'ai eu une révélation hier, en lisant ce texte... Je m'y suis reconnue. Certes, je ne suis ni petite, ni laide (enfin, je crois ?), je n'ai pas encore 54 ans (donc l'espoir est encore permis), et je n'enseigne pas encore dans une université prestigieuse des Etats-Unis (je préférerais la côte ouest personnellement). Par contre, côté fantasmes... Il suffirait de remplacer écrivains et critiques par personnages de fiction romanesque et chanteurs de rock, avec entre autres Sirius Black, Marc Vandoosler, Thomas Fersen, Corto Maltese, Courtney Taylor... Comme le montre cette liste, Amarante avait un faible pour les mauvais garçons, ténébreux, romantiques et musiciens (ou médiévistes au chomâge) !

  Voilà. Je voulais juste vous faire part de ce texte (et de ce livre que je vous recommande chaudement) qui se prêtait bien à la saison !

* Vieilles Filles Aigries et Autodévalorisées, membres de l'association du même nom.


  Accessoirement, je tiens à vous signaler que, pour une fois, les prévisions d'Elizabeth Teissier (TV Magazine, semaine du 12 au 18 février) se sont avérées. D'ordinaire, le 3e décan du cancer attire ses pires pronostics, cette semaine, pourtant : La Pleine Lune du 13 (ah, c'est donc pour ça que j'ai mal dormi) et le 15 mettent l'accent sur vos finances, votre budget. Une rentrée, le 15 ? Elle s'est juste trompée d'une jour...
  Moi qui ne lit mon horoscope que pour prouver que je n'ai toujours pas trouvé le grand amûr qu'ils m'y prédisent systématiquement !

12 février 2006

Sissyneck pontifie Bis

Comme promis la semaine dernière, je continue et termine le diptyque  "Moi interviewée par Rock'n'Folk" et comme je ne joue toujours pas de musique et que je n'ai pas fait le dernier album qui Changera Votre Vie, je continue sur la mauvaise foi.
Là je fais le questionnaire des "Ou". Bon ils font ça selon les goûts des gens qu'ils interviewent alors je le ferai selon mes propres goûts...
* Mode Mégalo ON*

* Beatles ou Stones? Sans hésiter les Beatles. Pour moi, ils ont tout trouvé et ont un sens de la mélodéie imparable. A leurs débuts, ils connaissaient trois accords et ont crée des mélodies intemporelles. Attention, j'ai rien contre les Stones mais ça m'a moins marqué que les Beatles. Et j'avoue, j'ai topujours eu un faible pour Paul... tellement craquant sur la pochette de Sergent Pepper dans son petit uniforme.
* Pete Doherty ou Josh Homme? Joooooooooooosh
* Blur ou Oasis? Là encore, sans hésiter Blur qui ont beaucoup mieux vieilli que les Oasis qui continuent à plagier les Beatles. J'adore "Wonderwall" mais je trouve qu'ils se sont trop reposés sur leurs lauriers et ont arrêté de créer pour cachetonner. Les derniers albums de Blur sont vraiment intéressants, il y a de supers mélodéies comme "Out of time". Amarante m'a dit que Blur c'est mou. C'est sûr que c'est pas Metallica mais entre Blur et Gorillaz, je trouve de belles mélodies, une recherche... En plus Amarante, t'as qu'à revenir comme ça ce blog ressemblera à quelque chose!
* The Brian Jonestown Massacre ou The Dandy Warhols?( pour ceux qui ont vu Dig!): là c'est dur. Disons qu'en bonne fillasse, je préfère physiquement Anton Newcombe le chanteur du Brian.. L'album des Dandy "Thirteen Tales of Bohemia" m'a accompagné et continue à m'accompagner partout. Là, je sais pas je sèche... En tout cas, je conseille les deux.
* Rap ou Reggae? ni l'un ni l'autre. Pour moi ( et rien que pour moi), c'est de la musique de glands. La musique reggae me donne envie de secouer un arbre pour me défouler, je déteste l'idôle Saint Bob Marley. Si Blur est mou, le reggae c'est aussi rapide qu'un cortège funéraire. J'ai jamais accroché et "No woman no cry" me donne envie de vomir ( d'ailleurs excuseez moi, il faut que j'y aille, rien que de l'écrire...).
Le rap est aussi une musique de glands à cause de l'image de la femme qu'ils donnent dedans, avec leur focalisation sur le " J'ai plus de femmes que n'importe qui donc j'ai un plus gros zizi et je sais m'en servir". J'éduque d'ailleurs mon neveu très tôt, à cinq ans il écoute Nirvana et les White Stripes. Il sait aussi que sa tata faut pas la faire chier.
Je sais je dis toujours que le rock est une musique pour lever des nanas, une musique hormonale mais elle ne cherche pas à faire de l'autre un jouet sexuel et rend paradoxalement la femme plus belle. Ecoutez Johnny Cash. Y-a-t-il une seule chanson d'amour chez un rappeur? Hum j'ai lancé Googueule mais ça fait trois jours qu'il cherche encore et je crois qu'il vient de déclarer forfait.
*Franz Ferdinand ou The White Stripes? Les deux évidemment.
*Thé ou Café?
Les deux si possible au litre et avec plein de sucre.
* Frramge ou dessert? Les deux, hein STV?

Bon j'arrête de dire des conneries. Je passe ça à personne mais si on veut me piller allègrement je veux bien puisque je pille déjà ma Bible du Rock.

*MOde Mégalo OFF*

Comme les blagues pourries ne marchent pas trop, je vais finir mes posts par un proverbe espagnol. En plus, là je suis sûre de ne jamais manquer d'inspiration... Comme ça grâce à moi, vous aurez un concentré de sagesse à chaque post... En toute modestie, je les trouve beaucoup plus imagés que les français. Celui de ce soir est la version hispanique de "Parle à mon cul que ma tête est malade."

"Predique usted Padre Anton que me cago en su sermon".

Traduction: " Sermonnez Père André que je chie sur votre papier". (je traduis comme ça pour garder la rime)

Posté par Sissyneck à 22:00 - Aux grands auteurs, les morues reconnaissantes - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 janvier 2006

Grand Jeu Concours du Mois

                            Ou le mystère impénétrable de la main énigmatique

Depuis 1820, personne ne sait où elle est passée. Tout le monde ignore comment et où elle a pu disparaître. Vous vous demandez mais qui, mais qui?
Je m'explique.
Le Graal littéraire que vous devez chercher ce soir est très mystérieux. Tous les philologues distingués de la Troisième République se sont cassés les dents sur ce problème. On murmure que quelque part dans une cave de Paris, des vieillards cherchent des manuscrits perdus pouvant éclairer leur lampe et que si on les croise quand ils sortent acheter le Figaro, on se met à déclamer" Il ( le poéte) ignore l'encens: l'amour et l'amitié/ de son coeur, de ses vers occupent la moitié". Faites attention vous qui rodez à des heures impossibles vers la Sorbonne et Ulm car vous aussi pouvez être maudits!
Cette énigme si vous arrivez à la résoudre vous procurera par contre ( à ce qu'ils disent) amour, gloire et beauté ( ils sont très moches eux). En tout cas, vous résoudrez un sacré problème littéraire.
La grande question c'est: mais où est passée la seconde main?
Maintenant accrochez vous car je vais citer des vers de notre illustre poète (pouet pouet) préféré de l'année, André Chenier qui visiblement est un petit joueur. Ces vers sont tirés de "La lampe"( page 230, édition Paradigmes, 39 euros):
"Le jeune homme près d'elle arrivait pas à pas.
Alors je vis s'unir ces deux bouches perfides
En des baisers liés par leurs langues humides.
J'en entendais le bruit. Le traître, d'une main,
Pressait avidement les globes de son sein;
L'autre, les plis du lin qui cachaient ses ravages
M'empêchaient de la suivre et de voir tes outrages."

Mais où donc est passé l'autre main? Encore la faute à des plis importuns qui empêchent le poète voyeur de voir.
J'en appelle à votre bon coeur, à votre âme pure et éthérée, à votre patriotisme car oui! Il faut défendre cet illustre poète national! C'est notre devoir camarades! Sauvez et réhabilitez la critique littéraire de la Troisième République, ces illustres moines ascètes pleins de sages et doctes vertus qui ont préféré le célibat au mariage pour établir une édition d'André Chenier!
La récompense sera notre éternelle gratitude, celle de tous les agrégatifs de France et de Navarre. Sinon ( car j'avoue que c'est assez décevant) je sais pas, je peux faire des bisous ou un post spécial votre fête, celle de votre mère ou de votre chien / animal domestique/ petit(e) ami(e)

Posté par Sissyneck à 21:45 - Aux grands auteurs, les morues reconnaissantes - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 décembre 2005

Aphorisme

Thomas Fersen, hier soir, en concert au Transbordeur :


« Le ukulélé est à la guitare ce que le string est au caleçon. »

 


Je ne sais pas si Peabody cautionnerait ce type d'aphorisme !

Posté par Amarante à 12:05 - Aux grands auteurs, les morues reconnaissantes - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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