28 mai 2006
D'un don
S'il y a bien une chose qui m'amuse dans cette vie, c'est d'inventer des mots (oui je sais, je suis quelqu'un de super fun...).
Sisi, j'ai différentes techniques.
Allez, ça faisait longtemps...
1) Le détournement:
des noms de marque, des lieux voient leur nom subitement perdre ou prendre des voyelles...
Chez moi, on va faire ses courses à la fnuc ou à carrouffe. Je ne me mouche pas , je snouffe. Comme je suis très originale, je vais faire poupouille quand je vais aux toilettes.
2) Le plus employé, la suffixation:
Recette de cuisine: vous prenez un mot, n'importe lequel, vous lui rajoutez un truc au bout. L'ingrédient qui a le plus de piment pour moi, celui qui a le don d'épicer toutes mes conversations, c'est le suffixe -ouille.
Le Rhône quand il menace d'inonder la ville coulouille. Mon surnom ( donné par Pica Pica, allez savoir pourquoi...) c'est Frisouille ( oui la suffixation est contagieuse)
Melle Moi a un don, celui de socratouiller. Voyez, ce n'est pas une philospohe mais elle a le don de vous faire accoucher vous même. Dès que vous discutez avec elle, vous arrivez à faire sortir votre mal être de vous et tout d'un coup par l'art de la conversation msnienne (tiens un nouveau mot), ça va mieux, on sait pourquoi ça va mal et on se sent mieux, en plus on rigole pour ne pas bouder notre plaisir...
3) un trait propre: l'espagnolitude
Dans ma famille, on parle espagnol mais bon, on parle l'espagnol de la date à laquelle mes parents et grands parents sont arrivés en France donc pour parler de trucs pas inventés en 1957, on mélange des mots espagnols et français: " Me gustan las baskets." ( j'aime les baskets). Jusque là, ça va... Le pire, c'est quand on rajpute des terminaisons espagnoles ou qu'on espagnolise un mot: dans notre vocabulaire, la poubella ( au lieu de basura), la pillula ( au lieu de la pildora), las lunetas ( au lieu des gafas). C'est franchement la honte quand j'arrive en Espagne et que je sors des mots comme ça et qu'on me regarde les yeux ronds, le filet de bave et qu'il faut que je m'explique.
On est aussi fainéant chez moi, quand on ne trouve aps un mot en espagnol, on le dit en français genre "Apaga la luz del couloir"( éteins la lumière du pasillo), "Donde esta el parking?" ( où est l'aparcamiento?)
Bah après même réaction en Espagne, la honte, le ridicule ne me fait pas peur...
11 mai 2006
De l'art de la diplomatie
( Z'avez vu, trois notes en quatre jours, ça y est je tiens le bon bout)
Quand on a la chance, le bonheur d'avoir une mère juive, espagnole, portugaise, corse, italienne bref méditerranéenne et abusive surtout avec sa fifille adorée, on apprend très vite l'art de la diplomatie.
Enfin, je dis ça mais je ne suis ni une traînée, ni une droguée, et je ne fais pas de dédoublement de personnalité, non non, le jour, je ne suis pas Auto Mutilacion (oui oui à l'espagnole, Aouto moutilacione), qui se promène avec deux rats sur elle, habillée en noir, avec des larmes de rimmel dessinées sur le visage et le maquillage du Crow, héroïnomane et ne buvant plus d'eau depuis des années et je me change dans le tram en douce Sissyneck, gentille fifille, ne s'habillant qu'en bleu, ne parlant que si on s'adresse à elle.
C'est juste que pour avoir la paix, vous êtes obligées des fois d'inventer des trucs.
Petite Leçon
Ne pas dire: " Maman, arrête de m'offrir des trucs par surprise, j'ai plus 12 ans et la jupe plissée rose, c'est vraiment pas mon style"
Mais dire: " Ahlalalalala, comme c'est bête! cette magnifique jupe plissée rose ne va pas du tout, la prochaine fois, ne m'achète plus de cadeaux par surprise, j'essaierai avant." En plus, le regard admiratif et plein d'adoration.
Ne pas dire: " Ce magnifique petit haut, très fragile m'a couté les yeux de la tête.
Mais dire: "Arf, ce truc m'a couté cinq euros, je le mettrai pour traîner à la maison."
Ne pas dire: " Ce soir, je passe la nuit chez mon mec."
Mais dire: " nous nous faisons une soirée pyjama entre filles, rien de bien terrible, films et conversation entre filles"Bonus: l'air vaguement ennuyé, genre vous y allez parce que vous n'avez que ça à foutre.
Ne pas dire: " Oh, c'est bon le pastis!"
Mais dire: "Merci mais bon, je ne bois pas d'alcool, en plus c'est très mauvais pour la santé."plus le battement de cils innocent.
Ne pas dire: " Maman, je me suis pris encore une taule en thème latin, c'est la cata, jamais je vais l'avoir cette agreg."
Mais dire: "Ah c'est cool, on n'a pas de notes cette année, les seules notes qu'on aura ce sont celles du concours, ça va être chiant pour s'évaluer mais bon, on aura moins de pression comme ça."
Ne pas dire: "Maman, là j'écris pour mon blog."
Mais dire: " Je rédige un exposé pour demain."
Ne pas dire: "Maman, je suis athée et jamais je me marierai à l'église."
Mais dire: "Je veux une robe de mariée"
Ne pas dire: " Je déteste toute la famille, sale engeance de beaufs et de racistes."
Mais dire: "Quel dommage de ne pas assister à ce repas avec toutes mes cousines que j'adore mais j'ai vraiment du boulot." En bonus, l'air dégouté de ne pas profiter des joies des repas en famille.
Ne pas dire: "Je me fiche de ce que tu peux penser de mon style vestimentaire Maman je vais prendre cette jupe."
Mais dire:" Oui Maman" et prendre la jupe quand même.
Avec tout ça, je suis prête pour résoudre la crise en Iran, franchement, ce serait facile avec une mère comme la mienne. Tous les dirigeants du monde devraient venir faire un stage chez moi, d'abord pour apprendre à être une bonne maîtresse de maison et ensuite pour apprendre à négocier.
Petit sondage: si vous aimez les proverbes de ma grand mère, je peux vous raconter sa vie haute en couleurs! Dites moi si ça vous tente!
10 mai 2006
Chaîne de l'espoil
On est morue ou on ne l'est pas, c'est une question de philosophie et d'art de vivre. Vous vous demandez depuis le début ce qu'est une morue. Voilà un début de réponse. La morue est capable de parler de tout, elle sait parler de choses élevées et nécessaires à la survie de l'humanité, et tout cela avec élégance, glamour et surtout raffinement. La morue est une jeune femme distinguée, du monde qui sait respecter les réticences et fait preuve d'une grande ouverture d'esprit. Les sujets qu'elle aborde ne sont que philosophiques, artistiques, littéraires, le plus bas est la cuisine, art qu'elle maîtrise à la perfection. Le bon goût est un art de vivre, le raffinement, une passion. Jamais elle ne pourra ni ne voudra choquer ou parler de contingences corporelles ou bassement matérielles.
La preuve
Un extrait en milieu naturel, conversation entre deux morues lambda:
Morue 1 ( qui tient à garder l'anonymat de peur de susciter l'admiration générale): Dis, ça marche la connerie épilatoire que tu as achetée l'autre jour? Parce que même avec la cire froide, il me reste plein de vilains petits poils, plus ceux qui poussent sous la peau, trop courts pour la cire...
Morue 2 Sissyneck ( qui assume son absence de sens du ridicule): Ouais, super bien en fait, ça repousse pas trop vite et c'est très pratique, sous la douche comme ça.
Morue 1: Je vais ptêt essayé alors parce que la cire froide, tu passes comme ça, c'est tout beau, tout propre, et puis je passe de la crème hydratante et tous les poils ressortent. Tu avoueras que c'est un peu rageant.
Sissyneck: Aaaaaaaaaaaargh l'horreur!
Morue 1: T'imagines, c'est comme l'hydre de Lerne, tu crois avoir coupé ce qui dépasse et il en repousse le triple. ( voyez la morue sait insérer des références culturelles dans sa conversation)
Sissyneck: En fait, c'est très pratique ( bis repetita, la morue est fine pédagogue) et assez jouissif de voir partir les vilaines bêtes dans l'eau, en plus ça repousse pas trop vite...
Morue 1: okay je vais essayer ça... C'est plutôt pour faire table rase de temps en temps ( notez la finesse du jeu de mots). Putain, c'est chiant d'être une fille.
Sissyneck: Il y a pas un peuple en Papouasie qui révêre les dames poilues? Comme ça on prend les billets et on se fait vénérer là bas...
Morue 1: En Papouasie, je sais pas mais je pense qu'en Océanie, les femmes ne sont pas naturellement très poilues ou les polynésiennes.
Sissyneck ( espagnole de la frontière portugaise avec du sang maure dans les veines): Bouhouhouhou. Tu sais ma belle soeur, qui est vietnamienne, m'a dit un jour: " je vous comprends pas pourquoi vous faîtes une fixette sur les poils moi, quand je m'épile, je fais ça à la pince à épiler, pas la peine d'en faire un drame!
Connasse.
Morue 1: Les asiatiques, c'est vraiment injuste...
Sissyneck: Oui, d'abord, pourquoi nous on doit supporter ces gênes hérités des grands singes? J'aurais préféré avoir une queue ou les pieds comme des mains pour manger en regardant la télé sans faire de gymnastique pour changer de chaîne ou attraper le paquet de chips sans bouger.
Morue 1: Je sais pas, peut-être que le serpent a dit à Eve "Tu as péché et tu seras poilue" et les asiatiques ne croient pas au paradis perdu et au péché originel donc ils ne sont pas poilus.
Sissyneck: toujours la faute de l'Église de toute façon... on est dans une belle merde à cause des cathos, regarde c'est écrit dans le Da Vinci Code ( les morues ont une culture littéraire immense). Pourquoi mais pourquoi, est ce qu'on doit se laisser imposer une telle torture, en plus pour plaire aux bonhommes et mettre une jupe... ?? C'est vraiment pas juste
Voilà, maintenant vous comprenez mieux ce que c'est que d'être une morue...
Dernière minute: Aspasy rajoute qu'il est particulièrement injuste qu'étant métisse, elle soit plus réceptive aux gênes corses très velus qu'aux magnifiques gênes africains imberbes.
Et comme dit ma grand-mère ( un jour, je devrais vous raconter sa vie, ça vous dit?): "Al que no tiene costumbre a bragas, las costuras le hacen llagas" , il n'y a pas d'équivalent en français mais ça se traduit comme ça: celui qui n' a pas l'habitude de porter des culottes, les coutures lui font des plaies. C'est pour dire, qu'à force, on s'habitue à tout même si ça fait mal au début.
06 avril 2006
Fiat Lux
Ou comment parler d'autre chose
Je n'ai jamais aimé le groupe Indochine, je trouve que leurs paroles sont débiles ( c'est pourquoi je préfère les groupes qui chantent en anglais, au moins je comprends pas les paroles) et l'Aventurier me donne des boutons comme tout ce qui a un rapport avec la musique des années 80 mais maintenant je connais la vraie cause. On a demandé à Nicolas Sirkis le chanteur pour quoi il avait choisi ce nom pour son groupe, et il a répondu le visage déformé et la bave aux lèvres: "J'adore Marguerite Duras, j'ai lu tous ses livres et je trouvais que l'Indochine était un beau nom..." J'étais déjà prédisposée à détester ce groupe, c'est pas de ma faute...
Enfin je peux pas résister, aujourd'hui on a eu Démosthène à traduire, grand orateur grec c'est celui qui pour s'entraîner à parler mettait des cailloux dans la bouche, résultat: même écrit, son grec est incompréhensible. Sinon, je sais enfin ce que ressent un homme politique quand il prend un bain de foule. Les lycéens bloquaient l'entrée mais dès qu'ils ont su que je passais un examen, ils m'ont laissée passer en criant"Laissez la passer! " et des "Bonne chance" et des "Merde"fusaient. Trop mignons. En plus, l'Autre mon prétendant qui harcèle Amarante lui a reçu des coups de pieds... Hihihihihi... bien fait
Suis désolée, c'est un peu service minimum en ce moment mais dès que le cauchemar a pris fin, ça recommence!
31 mars 2006
A l'est, rien de nouveau
Hey everybody !
Contrairement à ce que vous auriez pu croire, je ne suis pas morte ! Enfin, ne désespérez pas, ça ne va peut-être pas tarder : révision de Chénier hier, Retz aujourd'hui, et agreg dans deux jours... Toujours z'est-il que pour l'instant je survis — physiquement — mais que la mort neuronal est proche. Tout ça pour expliquer que je vous livrerai pas aujourd'hui une note construite (en trois parties, trois sous-parties, et trois sous-sous-parties, comme les affectionne Sissyneck), mais une série de brèves (pas de problématique non plus dans cette note, d'ailleurs, comme ma future dissert' de lundi, probablement...).
- Le printemps a fini par gagner le Territoire de Belfort : tardivement certes (quand je suis rentrée chez mes parents, vendredi 17, la neige résistait encore et toujours), mais les signes sont indiscutables : cygnes, canards et poules d'eau, faisant fi de la grippe aviaire (et des risques qu'ils font encourir à la tenue des Eurockéennes dans quelques mois) ont réinvesti le Malsaucy et la Véronne ; le kiki, malgré une tonte drastique, a pris son premier bain de printemps dans les étangs précédents ; et, preuve suprême, notre voisin a recommencé à bricoler, et ses petits-enfants à gueuler, dans leur jardin.
- Saison oblige, la nature et les hormones bourgeonnent : deux des sex-symboles de ma classe se sont accordés pour mêler leur patrimoine génétique (mais pas avant le mariage !). Surtout, qu'on noie la portée à la naissance ! Certes le proverbe dit : « qui se ressemble s'assemble », mais si vous me demandez mon avis, les agrégatifs de Lettres classiques sont déjà assez nombreux et assez laids sur cette pôvre terre... En revanche, Maman-péniche avait un bébé-péniche aujourd'hui à ses côtés :)
Par ailleurs il s'est avéré aujourd'hui que le blaireau était beaucoup plus sensible à une petite jupe que le chercheur (ou MOMman — comprenne qui pourra ;^)
- Cliché ? Peut-être, mais ils doivent le faire exprès : hier, les étudiants de Lyon III (fac réputée "de droite" — les thèses révisionnistes, ça vous dit quelque chose ?) ont voté à 82,42 % contre le blocage de leur fac. Je vous offre le délicieux tract que j'ai récupéré hier (moi l'infâme gauchiste de Lyon 2 qui envahissais les locaux de Lyon III pour y manger mon sandouiche) :
Je tiens à souligner que Lyon 2, résistante de la 3e heure, est certes bloquée depuis une quinzaine de jours (suite, par ailleurs, à la décision de fermeture prise par le président de l'Université), mais qu'il n'y a eu, à ma connaissance, aucun trouble à Lyon III. De toute manière, ma co-morue (sociale-traître LyonIIIiste) et moi-même (petite-fille du Petit Père des Peuples), avons déplacé notre QG de campagne dans ce lieu de stupre et de débauche qu'est la bibliothèque de recherche de la MOM (Maison de l'Orient et de la Méditerranée pour les non-initiés).
- Et, tiens, j'ai retrouvé aujourd'hui, dans le Rhône qui commence à déborder, les trois mètres de neige du Ballon d'Alsace, arrivés à Lyon via la Savoureuse et le Doubs.
28 mars 2006
C'était mieux avant!
Ce soir, au coucher du fauve qui visiblement avait besoin de se confier:
"_Tata, tu sais j'ai une amoureuse.
_Ah oui, et comment elle s'appelle?
_Clarisse!
_Ah mais c'est très joli dis donc et elle est jolie?
_Oui, c'est la plus belle!
_Et elle est amoureuse de toi?
_Oui! quand on sera grand au CP on va se marier!
_ Et elle est gentille avec toi?
_ Oui, on se fait plein de bisous sur les joues et si quelqu'un est méchant avec elle, je le frappe et le pousse par terre!
_Carrément!
_Oui Tata, on touche pas à ma Clarisse!Et toi , Tata, tu as un amoureux?
_ ( gros soupir) Non mon chéri mais c'est pas grave"
Hum, je vais me coucher et pleurer dans mon lit. Mais je suis contente car ce gosse est un gentleman, à presque 6 ans, il sait y faire avec les filles. Grande fierté, je vois que je lui ai inculqué quelques valeurs, la passion des Simpsons et des Guignols, et bien sûr du Rock'nRoll!
27 mars 2006
La fabuleuse histoire des négations
Ou comment éviter le sommeil en bibliothèque en pensant à un truc débile
A l'agreg, à l'oral, nous avons une question de grammaire et s'il y a bien un truc que je déteste c'est la grammaire jusqu'à ce que je fasse du latin, cela va sans dire.
Mais il y a une seule question que je sais traiter, une seule, c'est celle des négations et comme Cul de boeuf me saoule et que Dédé le puceau déchaîné me hérisse, je vais faire un petit exposé grammatical... Là , vous avez très sommeil et vous partez sur un autre blog.... Mais non! ça va êter traité à ma manière donc pas classique du tout et qui justifie le fabuleux du titre.
Chez les latins, une seul mot suffisait à nier une phrase et c'est tout, il y a non et c'est bon. Pourquoi je dis ça? Parce qu'en français, on a rajouté un petit mot pour renforcer la négation. Ce petit mot c'est pas, point, rien. Ce petit mot qu'on rajoute a un petit nom: c'est un forclusif ( non, ça n'a aucun rapport avec un sirop contre la toux, ça ne sert pas à déboucher les chiottes, et ce n'est pas un objet sexuel, je vous voyais venir...). Si vous y réflécjissez, en latin, en grec, en espagnol, en italien, en anglais on n' pas besoin d'un forclusif! Le forclusif ne sert à rien dans ces langues.
Allez savoir pourquoi, les français ont encore décidé de faire chier le monde et de compliquer cette langue qui l'est déjà assez en rajoutant un truc parce qu'ils devaient trouver que le ne tout seul ça faisait chochotte, faiblard et pas couillu du tout. Donc on a rajouté ce petit mot pour renforcer la négation, et là je trouve qu'on a fait preuve d'une imagination débordante: les forclusifs sont des mots qu'on a pris et vidé de leur sens comme des vampires assoiffés de sang ( jeu de mots...)et en plus on a choisi des mots qui vouaient dire une quantité insignifiante pour les rabaisser encore comme des sales gosses à la récré: pas vient de la mesure du pas, point,b on ça vous savez, mie bien sûr c'est la miette, quand on ne voit mie c'est qu'on ne voit même pas une miette. Rien vient de rem en latin qui veut une chose. La goutte de je ne vois goutte même système!
Le plus drôle ( selon l'échelle très relative de mon humour en période de révisions) c'est le forclusif qu'on trouve quelque fois chez Rabelais: cerise. Eh oui! si vous avez compris, que pour faire une négation en français on met ne + un petit objet, vous êtes aussi forts que Rabelais!
Donc imaginez maintenant Kevin, sept ans, rendant sa mère ( la pauvre) encore folle de rage: " Vas te laver Kevin!" et qu'il répond " Naan, je ne veux cerise!"( enfin faudrait que Kevin lise Rabelais mais comme tout ce qu'il lit c'est le mode d'emploi de sa console, je me permets d'imaginer)
Maintenant à nous de jouer, on vous propose de reprendre des choux de Bruxelles : " Non je ne veux amibe" ( sauf Melle Moi qui perverse dira oui parce qu'elle a des goûts bizarres)
On vous propose une grille de Sudoku "hyper-méga-diabolique-que ta grand-mère va pleurer après:" "Je n'y arrive clou"
Je connais un forclusif destiné à un grand succès : "Je ne veux CPE" (normal ça ne vaut rien)
Maintenant, notre collection printemps-été: pour les geeks "je ne sais virus", pour les futurs profs "Il ne fait craie beau", pour les ouvriers " Je n'ai clou oublié mon parapluie aujourd'hui!", pour les étudiants en linguistique " Je ne vois kua ce que vous voulez dire", pour les agrégatifs " de toute façon je m'en fiche, il n'y a postes postes cette année" (oui comme il n'y a plus de postes ça ne vaut plus rien)
E t comme dit ma mémé: " Tonteo, madre?_ Si, tontea hija que aun te queda" ( pas d'équivalent enf rançais mais on peut traduire comme ça "Je peux faire l'idiote Maman? _Oui, fais l'idiote ma fille que tu as beaucoup à découvrir encore et à faire")
23 mars 2006
Tai Chi Master: Sissyneck dans la place
Mesdames, ce post est pour vous. Je risque de passer pour sexiste mais je sais que les hommes qui passent sur ce blog ont tous un corps de rêve et qu'ils n'ont pas besoin de mes conseils.
Alors, mesdames, vous en avez assez de calculer vos indices de masse corporelle, de voir si le gras est bien et harmonieusement réparti sur votre corps, d'essayer de vérifier que vous n'êtes pas grosses, et bien j'ai la solution! Oui, la solution pour savoir si vous avez besoin d'un régime et cette solution, on la trouve dans le tai chi! Art ancestral venu de Chine, pratiqué par un senior sur 5 mais qui n'est pas une gym de vieux.
Le tai-chi fonctionne sur l'équilibre et la façon de répartir le poids de son corps... En gros, ça consiste à toujours peser de tout son poids sur un seule jambe car on est souvent en équilibre. En plus, il faut être trèèèèèèèèèèès lent donc le poids du corps doit être bien placé pour rester en équilibre pour faire la grue. En gros, le but c'est de tenir longtemps sur une jambe.
En plus, il faut répéter souvent le même mouvement pour parvenir au geste le plus beau et le plus gracieux, pas question de poser sa jambe en faisant boum ou de faire des ronds de jambe pour imiter Bruce Lee (qui disait que le tai chi était un sport de gonzesses ...), de toute façon il faut être lent, très lent ce qui est difficile pour moi qui suis toujours stressée et hyperactive genre Kevin, garçon de 7 ans qui court de partout dans le supermarché avec une mère vociférante derrière...
Faites après moi: jambe gauche légèrement pliée, jambe droite en l'air pliée le long de la jambe gauche, le bras droit est en l'air, le gauche est le long du corps. Restez comme ça, je passe derrère vous pour vérifier comme vous êtes nombreux le dernier au fond a le temps de se fatiguer. Non, non encore un peu, voilà, on ne bouge plus. Tic tac tic tac tic tac. La cuisse gauche tire hein? Vous sentez tout le poids de votre corps sur une jambe... Non ce n'est pas comme ça, on recommence.. Encore et encore...Après impossible de marcher...
Tout ça pour dire, qu'après 20 minutes sur ma jambe gauche pour faire l'envol de la grue, je sais que je pèse lourd, que j'ai besoin de faire un régime et que je devrais arrêter d'occuper mes machoires pendant les révisions en mangeant. Ayant des difficultés à marcher sur le chemin du retour, je me suis encore fait remarquer par un vieux qui promenait son caniche arthritique qui m'a dit Bonsoir l'air à la fois épouvanté ( genre mais ils lâchent vraiment des fous dans la rue) et mort de rire ( genre "ah ces jeunes, font vraiment n'importe quoi... c'était mieux avant"")
Vive le tai chi!
Et comme dirait ma grand mère: "Cuando las barbas de tu vecino veas pelar, echa las tuyas a remojar" ( qu'on traduit ainsi: quand tu verras la barbe de ton voisin tomber, prépare la tienne à tremper, équivalent de "si l'on frappe ton voisin, prépare tes reins") il m'a toujours fait planer celui-là
20 mars 2006
Des surnoms débiles
( NB: je vous préviens d'abord, je suis en pleine période de révisions, le concours est exactement 15 jours donc je vais avoir tendance à me faire rare et à ressasser des trucs sur l'agreg ou à dire des trucs complètement idiots, c'est cathartique)
Tous le monde a un surnom débile, tout le monde a un surnom faisant référence au monde animal ou végétal, incluant des bestioles à poils, à plumes, des plantes, des légumes ou des objets.
Tout le monde a vécu de grands moments de solitude quand votre maman allait vous chercher à l'école et s'exclamait "viens là mon petit sucre d'orge en sucre". Pour vous Messieurs, je suis sûre que vous avez dû avoir une petite amie (ex peut-être) qui a dû vous appeler "mon lapin", "ma puce". J'ai une amie foncièrement dépressive qui appelle des fois son mec culturiste, 100 kilos de muscles et 10 g de cerveau (suffisant pour assurer les fonctions vitales), aussi sympathique qu'un criminel de guerre yougoslave, et aussi causant qu'un cafard (j'ai jamais envie de causer à un cafard, j'ai plutôt envie de l'écraser mais là le cafard a plein de muscles) "mon bout de chou d'amour". Eh ben, c'est la honte, la grosse honte, je l'ai jamais plus regardé de la même façon.
Là encore ça va mais vous n'avez jamais entendu les surnoms espagnols. Le surnom espagnol c'est la quintessence de l'absurde et du ridicule. Quand on vous appelle comme ça en Espagne, c'est la honte sur dix générations donc il y a un truc dont je me félicite, c'est d'habiter en France, là où personne ne comprend.
J'ai deux surnoms assez courants en Espagne mais là c'est la honte quand même. Donc à tous ceux qui souffrent d'être comparés à une peluche, à une bestiole qui a la myxomatose, à un animal qui va avoir la grippe aviaire, à un animal qui transmet la peste, lisez et vous serez vachement contents après.
Le premier surnom que j'ai eu, c'est "conejito panzon". C'est quand même le moins pire, ça veut dire "petit lapin qui a du ventre". Le problème c'est qu'à force de l'entendre celui là j'ai dû me sentir obligée de garder le ventre. Enfin, c'est mignon un lapin?
Il y en a un qui vient du fait que personne en Espagne ou Italie ne sait prononcer mon prénom, donc en Espagne ma grand mère m'appelait "Mandil" qui est le nom d'une marque de tablier... D'où mon comportement de paillasson humain peut-être.
Mais le pire, le pire de tous, celui que c'est vraiment la honte, c'est "Chucho loco"mais ne croyez pas que je vais vous révéler tout de suite sa signification... Une petite devinette: le chucho c'est le nom d'une partie de l'anatomie qui sert à faire des transactions commerciales, loco n'a aucun mais aucun rapport avec les trains mais plutôt avec des gens pas sains d'esprit.
Si vous avez compris, vous comprendrez ma grande honte quand ma grand mère dans un tram s'exclame "mais dis moi Chucho loco c'est encore loin l'arrêt?". Non personne ne regarde, personne n'a eu l'air de comprendre, pas de regards salaces pour vérifier si la personne correspond à ce surnom.
Et vous, vous êtes animal ou végétal?
En ce moment , je révise Retz et je crois qu'il n'a pas dû avoir beaucoup de surnoms sauf peut-être Petit Esturgeon car à sanaissance ils ont attrapé un énorme esturgeon et quand vous lisez ça, vous vous interrogez sur le sens de votre vie très très fort. A part, c'est un modèle le Cardinal de Retz, la plus grande langue de pute de l'univers, mon maître, ou comment assassiner une personne en une phrase: sur la reine Anne d'Autriche, mère de Louis XIV, celle de l'affaire des Ferrets (jamais su à quoi ça pouvait bien ressembler, quand on regarde un film, c'est jamais pareil):
"La reine avait, plus que personne que j'aie jamais vu, cette sorte d'esprit qui lui était nécessaire pour ne pas paraître sotte à ceux qui ne la connaissaient pas."
Le mieux c'est M De bouillon, ou comment faire un compliment en étant parfaitement insultant: "M de Bouillon qui avait la physionomie d'un boeuf et la vivacité d'un aigle"
17 mars 2006
Je m'insurge!
Suite à une conversation avec Aspasy, je sors de mon (court) silence pour mettre deux trois trucs au point. Samedi dernier avec ma mère, nous avons fait chauffer la carte bleue, elle pour des vétements et moi pour m'acheter des pyjamas.
Premier problème: Aspasy m'a dit de ne pas dire le mot pyjama. Bon j'ai acheté une nuisette donc là c'est facile mais l'autre truc, dois-je dire "un short et un débardeur"? Je vous le demande, comment ne pas dire pyjama?
Elle me rétorqua que "les pyjamas ce sont les gamins de treize ans". Mais le mot pyjama a une étymologie illustre, ça vient de l'ourdou, forme islamisée de l'hindoustani une des langues nationales du Pakistan, et qui signifie "vétement de jambes". Ça a de la gueule non? ( source: j'ai le "Dictionnaire historique de la langue française" d'Alain Rey qui à une époque était honteusement employé pour trouver les étymologies de différentes parties du corps...)
Donc malgré tout, je continue à employer le mot pyjama.
Deuxième problème: le dit pyjama a Pucca dessus, oui je n'ai pas pu résister dans ma tendance à acheter des trucs débiles et pas sexys du tout mais quand même j'ai le droit non? Selon elle, il faut être sexy en toute occasion et ne jamais se montrer en pyjama devant quelqu'un. Déjà, je signale que dans le lot il y a une nuisette hein...
De toute façon, je revendique le droit à une non sexytude tout le temps, oui j'assume mon côté "châle et tisane". Donc je m'insurge contre le diktat du "belle tout le temps", qu'est ce que je dois faire? Être maquillée dès le saut du lit? Être coiffée, laquée, habillée quand il me faut une demie heure pour prendre conscience que je suis un être humain et non une larve gluante? Faut-il que lorsqu'il fait moins dix en plein hiver je reste à me peler le cul en nuisette en satin quand mon mec imaginaire serait en pyjama bien au chaud? Dois-je alors ne pas éternuer devant les gens quand la saison du rhume de foins arrive parce que ça fait ridicule? Dois-je arrêter d'acheter des stylos avec des poils ou des paillettes parce que ça fait fillasse? Dois-je arrêter de mettre des têtes de dinosaures sur mes stylos ou autres reptiles pour faire moins puérile? J'ai un stylo qui fait planer tout le monde, c'est une vache et si on lui appuie sur le nez fait sortir des yeux gluants, et bien il fait la joie de tout le monde. Je sais que de toute façon, je ne séduirai personne en prenant des grands airs mystérieux ou en ayant l'air d'une icône intouchable donc bon je mets des pyjamas, je bois des châles et je mets des tisanes (exprès).
Je fais des efforts mais quand même faut pas pousser Mémé dans les orties et comme dirait ma grand-mère "Mas pan y menos manteles" ( ce qui signifie "plus de pain et moins de nappes" pour dire moins de chichis, parce qu'on se nourrit de pain et pas de nappes).
Je sais que c'est en réaction contre ma mère qui aurait aimé que sa fille soit coiffeuse ( ben c'est raté...) et soit toujours tirée à quatre épingles (pas gagné) et pas une intello qui se contrefout de ce qu'elle peut mettre et à qui il ne faut pas parler le matin parce qu'elle ne répond que par des borborygmes.
Dans le bled d'Italie ( en Calabre en plus...) dans lequel j'allais en vacances, les filles le soir s'habillent très bien genre pour défiler devant le muret où sont assis les mecs comme un troupeau de vaches à concours dans lequel on choisit. Moi qui allait en vacances pour me reposer et me détendre faisait figure d'extraterrestre avec mes pantalons trop larges, mes baskets, mes tongs ( désolée STV), mon air de n'avoir rien à foutre de l'avis des machos assemblés pour voir le troupeau passer. Je voulais juste être en vacances pas trouver le père de mes 15 enfants.
Une amie me disait d'ailleurs que j'étais "Ounderrrgraound", je l'adore...

