Bancs de morues

« Globalement inoffensive(s) » Douglas Adams

02 avril 2006

D'abord la chaussette gauche

Demain, c'est le grand jour, avec un grand J, J comme je vais mourir, J comme j'y vais, j'y vais pas?, J comme Joli concours que je vais avoir, J comme j'espère que ça va se passer sans problèmes...
Le soir, tout est question de rituels et le matin surtout, je viens de prendre un énorme bain cathartique, oint mon corps de crème "débarassons-nous des soucis", mis la culotte porte bonheur, vernis mes ongles en noir pour me porter bonheur et pour arrêter de me ronger les ongles. Demain, psychorigide comme je suis, il faudra que je me lève du pied droit, fasse mon lit dans le bon ordre, m'habille, d'abord les chaussettes, puis le reste, puis je préparerai mon barda, mes pommes, mes barres de céréales (ou bouffe de cheval), les chewing gums, le thermos de café, la bouteille d'eau. Je déjeunerai mais rien n'arrivera à passer parce que je serai tendue comme un string (oui imaginez un string taille 36 sur un cul taille 58, oui tendue comme ça) et que mon estomac refusera toute nourriture. Après je partirai avec Môman qui va me supporter et que je vais pousser  à l'accident de voiture ( "mais vas plus vite, le feu vient de passer à l'orange mais paaaaasse, passsssseuh!"). Ça doit commencer à 9 heures mais j'y serais à 8 heures et avec Amarante qui aura passé une aussi bonne soirée que moi on stressera comme deux morues...

Puis à 16 heures, fin du calvaire, le pire sera passé, le reste peut être géré.

Demain post(s) pleurnichard(s) ou extatique(s)...

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21 mars 2006

Ordonnance

Le matin:
    * 2 gélules contenant diverses vitamines, oligo-éléments, métaux lourds, plantes, caféine
    * une vitamine C car on n'est jamais sûr de rien
    * du fer pour soigner le retour de mon anémie pathologique qui a décidé de revenir
    * une ampoule pour la mémoire parce qu'il faut faire rentrer beaucoup d'informations dans mes deux neurones
    * anti-isthaminique pour prévenir le rhube des foins

Pendant la journée:
    * 3 cafés
    * 2 thés

Le soir:
    * la même ampoule qui soigne aussi accessoirement alzheimer (mais c'est aux plantes)

Oui, oui tout ça, chargée comme un cycliste. Disons que si on faisait des contrôles anti dopage, la totalité des agrégatifs seraient exclus car TOUS ( je dis bien tous) prennent des trucs pour se doper, se calmer, se destresser, stimuler la mémoire et pendant l'agreg, je prendrais des cachets aux vitamines, oméga 24, caféine, mais non je ne suis pas encore à la cocaine...
Flippant non? Dans le genre prête à tout...
Après je serai à ramasser à la petite cuillère et je devrai dormir 15 heures par jour.. Héhéhéhé
Pour parodier Darwin, réussir à l'agreg c'est aussi une question de sélection naturelle, seuls les plus forts peuvent survivre et la mériteront.

Et comme dirait ma grand-mère: " Encima de cornuda apaleada" qui signifie "non seulement je suis cocue mais battue" version espagnole de "faut pas pousser mémé dans les orties" ou "faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages"
   
   

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15 mars 2006

Welcome to the hotel stéphanois

        Chroniques du Capes (suite et fin)

Il n'y a rien de plus horrible que de passer trois jours dans un hôtel sans être en vacances. Déjà, qui irait passer des vacances à Saint Etienne? Quitte à passer trois jours de merde, ça ne me dérangeait pas de passer trois jours dans un hôtel de même pas une étoile donc j'avais trouvé un hôtel Formule Trois au dessous de zéro.
Leurs chambres sont spartiates: deux lits superposés, un lavabo, une chaise. Point. Les wawas et les douches sont dehors... Ce qui a donné lieu à des situations pour le moins... compromettantes.
Disons que j'avais décrété que comme dans cet hôtel, il n'y avait pas de piscine, je devais prendre au moins trois douches par jour. Je crois que j'ai dû dépenser beaucoup d'eau qui aurait pu servir à alimenter une village africain pendant deux ans mais bon... je sais c'est mal mais j'avais comme un besoin compulsif de me purifier après être allée dehors. Les toilettes aussi sont dehors... et bien vous n'imaginez combien j'ai pu être contente quand une fois rentrée chez moi j'ai pu m'asseoir sur la cuvette des chiottes en toute tranquillité hygiénique.
Grâce donc à cette séparation wawas/ chambre, j'ai pu voir les différents spécimens qui hantent ce genre d'hôtel:
1) le VRP en goguette: costard, mallette vissée à la main, il partait le matin sans prendre de petits déjeuners (compris dans le prix)
2) le chauffeur routier frustré qui l'était tellement qu'il sifflait Rose mais quand vous voyez Rose, vous comprenez pourquoi le nuage de Tchernobyl n'a pas pu s'arréter aux frontières...
3) le mâle dans toute sa splendeur: à un moment Rose et moi sortions pour nous rendre à une de nos épreuves et on l'a vu, le vrai mâle, bedonnant, le cheveu rare, les poils dans les oreilles, ( j'ai encore son image gravée dans mon esprit) il attendait devant sa porte que son compagnon de chmabrée lui ouvre parce qu'il avait oublié le code et il le suppliait , sorte de parodie de para klausi thuron ( référence pour les fans d'élégie et de Chénier l'ado attardé, c'est la prière de l'amant à la porte de l'amante, alors il cherche à convaincre une porte donc un inanimé ou la serrure de s'ouvrir pour qu'il aille discuter commmenrce et OPA avec sa dulcinée). Il n'avait pas oublié que ça... Il avait en tout et pour tout seulement la serviette de 10 cm sur 8 prétée par l'hôtel juste ce qu'il fallait pour ne pas dévoiler ses bijoux de famille... Ce fut très dur de sortir de ce couloir en gardant notre dignité et lui sa serviette...

Dans la chambre, nous avions trouvé l'organisation parfaite: le grand lit pour moi et le petit pour Rose... Rose s'était gentiment dévouée car je suis grande (entendez aussi large que grande) et persuasive (c'était moi qui avait dégotté ce luxe outrancier).. Par contre, sa voiture nous fut très utile pour échapper à l'hôtel car comme dit précédemment il était juste en face de Geoffroy Guichard et bien sûr avec ma chance légendaire, il y avait match en plein pendant le capes... Heureusement il se finissait à 21h30 mais je n'ai jamais détesté le foot avec autant de flamme qu'à ce moment-là parce que nous avons été condamnées à errer dans un Saint Etienne absolument désert et à nous réfugier ( ô joies de la civilisation) dans une Fnuc.

Voilà nous sommes parties de cette charmante ville sans aucune peine et moi aussi je laisse ces chroniques pour laisser la parole à Amarante pour deux trois  jours parce que je suis un peu fatiguée et déprimée mais c'est pour mieux revenir...

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14 mars 2006

Capex and the city

            Chroniques du capes (suite)

Avec Rose, on l'avait repéré tout de suite, quelque chose dans son allure et ses vétements, un je-ne sais-quoi qui le distinguait de tous les autres gars qui passaient le capes. On l'a tout de suite remarqué et pour cause...
Il avait l'air, je ne sais pas, du pire péteux du monde qui trouvait que c'était une honte pour lui de passer son capes. Chaque jour, il arrivait et tirait la tronche comme si oser passer le capes était trop facile et qu'il se demandait  ce qu'il foutait à Saint Etienne ( comme tout le monde d'ailleurs).
Il avait l'air d'un normalien échoué au milieu de capétiens (petit nom de ceux qui passent le capes) et avec Rose on ne comprenait pas ce qu'il foutait là avec sa déguaine de parisien rive gauche au milieu des Carpates stéphanoises. Vous comprenez, les normaliens ont le privilège de ne pas avoir à passer les écrits du Capes, ils peuvent aller directement aux oraux, c'est normal, ils sont tellement beaux, intelligents, forts, musclés de partout que pour eux c'est limite la honte de s'abaisser à avoir son capes sauf qu'avec les réductions de postes...
C'est quoi un air de normalien me demanderez-vous? Petit pantalon à pinces, petite chemise à carreaux  avec par dessus un pull en laine sans manches ( je ne sais pas comment ça s'appelle mais e dis toujours le "pull d'un petit péteux qui veut se la péter à l'anglaise", remarquez je vous prie l'allitération en p qui mime mon mépris et j'arrête parce que mon ordi est tout éclaboussé), petites lunettes rondes d'intellectuel toujours penché sur ses dicos, l'air aussi factice que moi habillée en fille et maquillée et coiffée et épilée ( c'est dire l'étendue des dégâts, notez s'il vous plaît mademoiselle Moi le polysyndète... je fais dans le commentaire de style ce soir...)
Avec Rose on avait déduit qu'il devait être auditeur libre à l'ENS ( ce qui est vrai, je l'ai appris plus tard par des sources bien infoirmées) et là on a tout compris avec Rose, c'était l'ex khâgneux aigri d'avoir raté l'ENS et qui a tout fait pour revenir dans le giron de l'illustre institution,ce lui qui n'a jamais fait son deuil mais qui a adopté tous les codes vestimentaires, bref un cliché sur pattes.
Le pire, le pire du pire a été le dernier jour quand il a débarqué avec son pantalon à pinces, son petit manteau cintré, ses lunettes et ... son écharpe verte avec écrit bien gros dessus  "Allez les verts!". Là on a senti le beauf non avoué, le je n'assume pas ma passion pour le foot mais je le fais quand même."

Je viens de voir que je n'ai pas parlé de Rose (que Melle Moi doit reconnaître je pense). Rose est une punk, Rose a eu une iroquoise, Rose a eu les cheveux de la même couleur que son prénom, Rose a quelques petits problèmes relationnels avec les autres. Elle croit que parce que vous lui parlez vous la considérez comme votre meilleure ami et vice versa, Rose racontera toute sa vie, et je dis bien toute, au premier venu. Rose peut monologuer toute seule pendant des heures pour vous parler de ses autres meilleurs amis. Rose a aussi un sens très personnel de l'habillement, plus c'est flashy mieux c'est... J'ai une photo de classe avec elle où nous sommes tous fringuants et bien habillés et elle a un pantalon avec un tigre dessiné dessus... On la sort encore cette photo pour évoquer le pantalon de Rose.
Elle a aussi comme particularité d'avoir tout vu, tout vécu, tout chié, son expérience de la vie est immense, dites lui n'importe quoi et elle vous dira l'avoir vécu, je la soupçonne d'avoir aussi eu un cancer de la prostate dans une conversation avec un mec qui parlait du cancer de son grand-père et elle avait l'air de connaître tous les symptômes. D'ailleurs, c'est très chiant d'être avec quelqu'un qui a tout vu et tout chié quand vous même avez tendance à avoir tout vu, tout chié...
Autre défaut que je ne supporte pas chez elle: elle parle au cinéma et je ne supporte pas ça, pour moi, le ciné c'est comme la messe, on ne parle pas...Enfin, je vais me taire très vite parce que Melle Moi, Amarante et d'autres peuvent dire que je leur ai pourri de nombreux films à rigoler comme une baleine et à faire des bruits indécents pendant un film....

Bref, heureusement qu'elle avait la voiture et qu'elle partageait les frais avec moi parce que sinon...

Et comme dit ma grand-mère: " El mal que es de ahora no se amejora" ( traduire par : le mal d'aujourd'hui ne s'améliore pas, proverbe encore unique en son genre)

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13 mars 2006

Chroniques du Capes n°1

Comme Amarante, Aspasy et Crooke sont dans les terres froides pour passer leur capes, je suis aux commandes du blog pour trois jours, mouhahahahahahahahaha ( gros rire gras du Docteur d'Enfer). En fait, non, je vais tenter une expérience unique de communion bloguique jamais essayée auparavant. Une quoi??? une expérience, genre essayer de vous faire vivre en même temps qu'elles ce calvaire. Et comment, me direz-vous? Comment, ô grande belle, illustre et merveilleusement mince Sissyneck vas-tu procéder dans ta grandition, bellitude et minceté?
T'inquiète petit scarabé, il n'y a pas de drogues ni de trucs bizarres genre fumer une culotte snoopy, je vais juste vous raconter comment ça s'est passé pour moi l'an dernier pour faire rigoler mes coupines quand elles seront rentrées complètement dépressives de Saint Etienne où il fait tellement gris que même s'ils ont une télé couleur, les stéphanois voient le télé en noir et blanc. Et bien sûr faire rire les autres...
NB: Tout ce que je vais raconter est absolument véridique, j'ai des témoins oculaires.
Je commençais un mardi donc il a fallu que je m'installe pour trois jours dans la roll des hôtels, le luxe à la française et la splendeur incarnée, j'ai nommé une magnifique hôtel Formule moins 3 sous zéro... à partager avec un fille que nous allons nommer Rose pour plus de commodité qui a tapé l'incruste au dernier moment mais que j'avais accpetée car elle avait une voiture. Donc à deux dans une chambre d'un mètre carré. En plus, pour un concours comme ça vous devez emmener votre matériel donc 4 (oui 4) dicos chacune plus les trucs pour réviser genre des grammaires , des citations et des bouquins... Pour trois jours on avait deux sacs chacune dont un de bouquins et l'autre de sapes ... Hé oui, des gonzesses quoi... Littéraire en plus... Je dois rajouter pour le tableau édifiant que notre hôtel avait une vue splendide à faire pâlir d'envie tous les Stéphanois ( qui sont déjà pâles de toute façon) sur le stade Geoffroy Guichard! Hum moi qui adore le foot et les supporters... Joie et contentement!
Nous sommes allées repérer le lieu de torture (ou lycée) qui s'est révélé être en haut d'une colline enneigée, les bâtiments noirs de pollution, un ciel gris et bas... bref, les Carpates  avec Vlad l'Empaleur, les loups garous et autres gentilles bestioles qui veulent jouer avec nos organes à côté c'est le club med des Bronzés...
Après une nuit à réciter dans ma tête les citations alors que Rose à côté dormait comme un bébé, nous nous levâmes tôt pour être en avance. Bref, flippées comme des lapins on était devant les grilles à 8h15 alors que ça commençait à.... 9h...
Ah, on est boulet où on ne l'est pas...
A l'heure dite, on entre, s'installe dans la salle, met notre matériel sur la table (moi je suis très briquette de jus de fruits et bruits de succion). L'épreuve commence et bon rien à dire jusqu'à vers 11h...
A 11heures, je vois une fourmi sur ma table... Je me dis "Tiens sont résistsantes les fourmis stéphanoises, elles sorte net alors que bon il fait encore froid..." Jusque là pas de problème, je penche ma tête ensuite pour ... ben je sais pas, je regarde par terre quoi et là c'est le drame... Une marée noire! Des fourmis de partout autour de moi!! Je commence à en écraser avec ma discrétion habituelle jusqu'à ce qu'une des surveillantes arrive vers moi pour voir si je n'essayais pas de communiquer en morse avec quelqu'un...
Elle voit la terreur et pousse un cri d'horreur "Ah! mais c'est horrible, vous allez bien mademoiselle?" Et moi je réponds" Ben oui, ce ne sont que des fourmis à qui j'ai l'air de plaire!" Complètement catastrophée, elle me fait changer de place (autre technique pour emmerder le monde)
Là je commence à réfléchir et en bonne lettres classiques qui voit des présages de partout depuis qu'elle fait du latin et  du grec (ils voyaient des signes divins dans tout et plus c'était bizarre plus c'était signifiant...) et la lumière fut!
Un peu avant j'avais traduit un texte de Plutarque sur le tyran Pisistrate qui racontait ceci: un jour , le jeune Pisistrate faisait un sacrifice à Zeus et après avoir égorgé un boeuf il se rend compte qu'il avait les sandales toutes éclaboussées. Bichette quand même... Et là c'est le ... miracle! Des tas de fourmis sortent de terre et se réunissent autour de ses pieds et commencent à les lui nettoyer. Un prêtre qui passait par là lui dit que c'était le signe qu'il allait dominer le monde.
Voilà, vous avez tout compris: un jour je serai le maître du monde! ( Léonardo dixit!)
Et pour les fans comme moi des Animaniacs:
So what are we going to do tonight Sissyneck?
The same think we do every night, try to take over the world.
Je crois que j'ai un destin... Je vais me transfomer en magnat de la littéraure ancienne et redonner le goût des lettres classiques à tout le monde. Humph, je vais me calmer parce que c'est pas près d'arriver...

Bon après six heures, avec Rose on était bien crévées et on avait hâte de retourner à ce qui nous servait d'hôtel pour voir le seul luxe: la télé équipée de Canal. Évidemment avec notre chance, il n'y avait absolument rien à la téloche...

La suite demain!

Et comme dit ma grand mère: " El que esta al lado de un cojo, si al ano no cogea arancea" ( traduire par: si au bout d'un an celui qui est à côté d'un boiteux ne boite pas, il traîne la patte, peut-être pour traduire qui se ressemble s'assemble)

Posté par Sissyneck à 22:06 - H2G2 : the Hitch-Hiker's Guide to the agreG - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 mars 2006

C'est la guerre

Ce post s'adresse à tous (tes) ceux (celles) qui préparent des concours et qui se demandent comment faire pour réussir, ça s'adresse aussi à ceux qui veulent pourrir la vie des autres. Je m'explique.
On vous dit toujours que vous êtes seul devant votre copie et que c'est le moment où vous devez vous montrer intelligent. C'est sûr, c'est vrai mais on oublie de vous dire que vous n'êtes pas seul dans la salle. Alors, il faut tout faire pour déstabiliser les autres parce que comme ça, vous en éliminez quelques uns.
C'est la guerre psychologique et ça va saigner....
Comme je suis sympa, écoutez Amarante, Crooke et Aspasy les conseils de Tata Sissyneck:
Pour énerver l'adversaire, je vois trois grandes techniques:
    * La boisson: choisissez soigneusement une boisson trèèès bruyante. Je vois trois moyens: la briquette de jus de fruits, quand elle est finie, aspirez très fort genre  gros bruit de succion ou alors pendant que vous buvez, soufflez dans la paille et faites des bulles genre Kevien, gamin superactif dans le supermarché qui veut énerver sa mère.
Autre moyen stressant: l'ouverture de la canette de boisson gazeuse en plein de milieu de l'épreuve, au moment où c'est le plus silencieux, ouvrez la "pschhhhhhhhhht", tout le monde est déconcentré, en plus après mettez vous à roter et vous verrez, ça marche.
Dernière technique mais moins stressante: la bouteille d'eau minérale à tétine que vous buvez très bruyamment, après quand vous avez fini la bouteille reprend sa forme en faisant un grand bruit de plastique.

    * La nourriture: là on trouve deux écoles, les salés et les sucrés. Les salés miseront plus sur l'odeur, ouverture de sandwich aux sardines à 11 heures du matin ou dégustation très lente de chips en croquant bien. Les sucrés miseront sur le bruit: on mangera des pailles d'or ou des gaufrettes. Imaginez, vous peinez sur l'analyse grammaticale d'un mot, vous commencez à trouver  et soudain à côté de vous: "Scrontch, scrontch, scrontch", ça y est vous avez perdu l'idée. C'est redoutable. sinon prenez des bonbons emballés et froissez à chaque fois le papier.
Dans les deux écoles, il faut se servir des emballages: emballez chaque chose dans un sac plastique ou du papier alu même ce qui était déjà emballé comme ça vous fouillerez dans pleins de sacs le temps de trouver la bonne barre de céréales.

    * L'attitude: même si on ne doit pas, tout le monde regarde son voisin, pour savoir ses réactions, voir s'il écrit beaucoup. Ça commence dès l'ouverture du sujet, bon c'était vraiment pas le truc auquel vous vous attendiez mais prenez un air rayonnant genre "Wouah je rêvais d'avoir le sujet sur la poésie", mettez vous à écrire tout de suite comme sous le coup de l'inspiration genre "je sais exactement ce que je vais dire et j'ai déjà mon plan" alors qu'en fait vous écrivez "Merde, merde, merde, putain, putain, putain, putain" ou que vous vous contentez de recopier le sujet. Votre voisin qui est catastrophé vous verra en train d'écrire et se dira "Ça y est, c'est foutu, mon voisin sait tout et je suis une merde."

Dès le deuxième jour, on saura que vous êtes un killer et tout le monde sera découragé.

Non ne me remerciez pas, je vous préviens: je ferai ça le jour de l'agreg...

Et comme dit ma grand mère: "Hay unos que nacen con estrella y otros estrellados". Ca veut dire: il y en a qui naissent avec une bonne étoile et d'autres qui naissent explosés/ pleins de malchance (j'arrive pas à rendre le jeu de mots). Il vaut mieux faire partie de la première catégorie.

Posté par Sissyneck à 22:17 - H2G2 : the Hitch-Hiker's Guide to the agreG - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2006

Jouons à un nouveau jeu

Conditions nécessaires: passer l'agreg et avoir un sérieux problème mental du genre " et si je me pourrissais la vie pendant deux ans pour n'avoir peut-être rien à la sortie!"
Déroulement du jeu: un samedi matin lorsque tout le monde dort encore, et est dans les bras de quelqu'un ou de Morphée, que le soleil vient à peine de se lever, vous prenez un bus vide pour aller à la fac et vous enfermer sept heures dans une salle pour traiter d'un sujet sur Dédé Chénier ou Rutebeuf.
Attention! il n'y a pas de gagnant ni de premier arrivé, il s'agit juste de survivre. Non cela ne s'appelle pas Koh Lanta mais l'agrégation car dans ce cas, vous ne devez pas bouffer de trucs bizarres ou de larves car la larve c'est vous.
Le but est impossible à atteindre: écrire des choses intelligentes sur un auteur débile du XVIIIème siècle prépubère qui a failli devenir sourd à force de voir des filles et dire combien il est grand, beau, fort et follement original ( genre rencontre sur meetic) ou sur un auteur du Moyen-Âge espèce de vieille fille aigrie qui râle tout le temps sur tout ( genre les morues), sorte de troubadour à la Francis Cabrel du XIIIème pour qui "c'était mieux AAvang" et dire combien il a raison de se plaindre parce que les banlieues, la grippe aviaire c'est rien à côté de Michel Paléologue II,  Louis IX et les sarrazins.
Vos armes: un thermos de thé plein de sucre, des fruits et de la bouffe pour cheval ( autrement dit des barres céréalières), de l'eau
Vos handicaps: une vessie qu'il faut soulager, un ventre qu'il faut remplir pour rester éveillé, des chaises qui aplatissent les fesses, un stylo à plume qui coule sur vos doigts et cinq heures de sommeil.
Effets secondaires: à la sortie, vous souffrez du syndrôme "tête dans le cul et yeux en anus", vous ressemblez à un vampire "argh quelle horreur! de la lumière! du soleil! argh je fonds, je fonds!"

Voilà à vous (ou plutôt à moi) de jouer!

Et comme dirait ma grand-mère, véritable encyclopédie du proverbe espagnol: "Eramos pocos y pario la abuela" (version du "il manquait plus que ça!" qu'on peut traduire par "on était déjà une famille nombreuse mais voilà la mémé qui est enceinte!")

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05 décembre 2005

Les maladies de l'agrégatif (1) : l'allergie à Chénier.

    Dans ce monde si particulier de l'agrégation de Lettres classiques, il est normal, d'une part que l'agrégatif soit hypocondriaque, d'autre part que les maladies dont il cultive l'obsession n'aient aucune commune mesure avec celles du reste du genre humain. Voici donc le premier article d'un petit traité à l'usage des médecins qui auront l'heur, bon ou mauvais, de trouver un agrégatif dans leur salle d'attente.

    Si donc l'agrégative (oui, c'est une allergie plutôt féminine, ce qui s'explique essentiellement par l'absence quasi-totale d'hommes en Lettres classiques — bien que l'on puisse considérer l'existence d'un 3e genre, inédit dans le reste de la société, et malheureusement si rare et si peu étudié qu'il reste inéfinissable) que vous avez en face de vous présente les symptômes suivants :

envie irrépressible de gâteaux au chocolat
besoin incommensurable de shopping
–  signes flagrants de manque (de type toxicomane), après une journée de cours sans avoir pu prendre sa dose de Lost

Qui peuvent également s'accompagner d'effets secondaires tels que l'alternance de périodes de baillements et/ou somnolence (principalement lorsqu'on met le sujet en présence d'un exemplaire de Chénier) et de périodes d'excitation frénétique correspondant à la fin d'un épisode de Lost,

il y a une forte probabilité — bien que la science de l'agrégation, comme toute science de la nature, soit sujette à l'erreur — pour que votre patient soit atteint d'une forme d'allergie rarissime (et mutante selon le programme publié au BO par l'Éducation nationale), appelée Allergia Chenierosa, ou plus communément Allergie à l'âne mort.

    Le traitement préconisé est le suivant :

- arrêt immédiat de l'ingurgitation de Chénier
- cure d'épisodes de Lost (le plus efficace est de les voir en dvd et en vost, mais à défaut en divx et en français, quoiqu'on trouve facilement la 2e saison en vost — mais il est recommandé de commencer par l'épisode 1 de la 1ère saison, sinon la cure risque d'être invalidée), confortablement installé dans un canapé, en portant des habits neufs, avec à portée de main une assiette de gâteau au chocolat
- et profiter de son samedi soir pour inviter des amies et cuisiner un veau aux champignons, un gratin dauphinois, et une tarte au citron.

    Nota bene :
   Chénier est un poète du 18e siècle actuellement au programme des agrégations de Lettres. Mort guillotiné pendant la Révolution française. Publié seulement en 1820 de façon fragmentaire. Immédiatement récupéré par ces c... de romantiques qui voient en lui, à tort, un précurseur. Sa production lyrique et élégiaque (d'une nullité affligeante) vient de faire l'objet d'une édition scientifique — rassemblant les différents fragments inachevés de poèmes largement inspirés des élégiaques latins — d'un prix et d'un poids défiant toute concurrence, qui lui ont valu son surnom d'âne mort.


Petit extrait :
Élégie 24 bis, livre I : "La lampe", v. 59 à 70

    La lampe répond au poète trompé par sa maîtresse :
En vain au dieu d'amour, que je crus ton appui,
Je demandais la voix qu'il me donne aujourd'hui.
Je voulais reprocher tes pleurs à l'infidèle ;
Je l'aurais appelée ingrate, criminelle.
Du moins pour réveiller dans son profane sein
Le remords, la terreur, je m'agitai soudain
Et je fis à grand bruit de la mèche brûlante
jaillir en mille éclairs la flamme pétillante.
Elle pâlit, trembla, tourna sur moi les yeux,
Et d'une voix mourante elle dit : « Ah, grands dieux !
Faut-il, quand tes désirs font taire mes murmures,
Voir encor ce témoin qui compte mes parjures ? »

    Face à cela, qui résisterait aux charmes de Sawyer ?

Posté par Amarante à 21:32 - H2G2 : the Hitch-Hiker's Guide to the agreG - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 novembre 2005

Des jurys d'agrégation.

Ou :
La pruderie ne sévit pas seulement parmi les agrégatifs puceaux.


    Je m'étais déjà préparée psychologiquement à devoir refaire ma garde-robe à la veille de passer les oraux de l'agrégation, en juin prochain. Dans mon immense naïveté, je pensais qu'un tailleur léger mais chic suffirait à satisfaire l'exigence d'une "tenue correcte exigée". Dans mon infini manque de prévoyance, la question des chaussures n'avait pas affleurée mon esprit. Certes, je me doutais bien que je ne pouvais guère me présenter en tongs ou en baskets. Néanmoins, je n'avais pas envisagé qu'une simple paire de sandales puisse poser un problème majeur aux membres du jury d'un concours tel que l'agrégation...

    Car, tenez-vous bien, la question de la sandale a fait l'objet d'une mention spéciale dans un rapport de concours récent. J'avoue ne pas avoir eu l'occasion d'en chercher la date exacte. L'auteur — j'ignore s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme — interdisait le port de sandales pour les candidates à l'agrégation, sous prétexte qu'il n'y avait rien de plus indécent que de voir s'agiter le gros orteil de la candidate que l'on interrogeait...

    Là, plusieurs réflexions — plutôt désobligeantes — m'assaillent, contre ma volonté, et contre le respect que je dois à un jury par essence oraculaire et sacro-saint... La malédiction de la pucellerie, déjà évoquée maintes fois dans ce blog, sévirait-elle également à ce niveau de la hiérarchie (d'un certain côté, il n'y a pas de raison qu'elle ne le fasse, puisque les membres du jury sont forcément agrégés de Lettres) ? Était-ce là le cri d'un puceau fortement émoustillé — mais contrit et repentant au souvenir de cette pulsion — par la profonde charge érotique de ce gros orteil indécemment dévoilé ? Ou l'expression de la ire d'une vieille demoiselle frustrée devant la tendresse de la chair d'un appendice chez elle depuis longtemps fané ?

    Si la simple vue d'un orteil provoque chez les membres du jury de telles poussées de fièvre, que penser du mollet rond que découvre une jupe un peu trop courte, du bras blanc qui s'échappe d'une manche relevée, du coquillage de l'oreille que revèle une mèche de cheveux repoussée ? Faut-il donc adopter un habit monacal, col haut, manches boutonnées sur les poignets, robe de bure tombant jusqu'à terre ?

    Faut-il que le jury soit à ce point distrait qu'il focalise sur la tenue du candidat plutôt que sur sa prestation ?

    Faut-il s'attendre à trouver, dans un prochain rapport une note concernant les éventuelles odeurs qui pourraient s'échapper des chaussures fermées des candidats, quand Paris est écrasé par la chape de plomb de la canicule bien-connue ?
 

Posté par Amarante à 19:23 - H2G2 : the Hitch-Hiker's Guide to the agreG - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 novembre 2005

Dodo or not dodo

Après les malheurs alimentaires, je m'en vais prendre ma harpe et vous parler des problèmes de sommeil inhérents à l'année d'agreg. Car le sommeil est quelque chose qu'il faut gérer comme on gère une entreprise en redressement judiciaire c'est-à-dire beaucoup de patience et en sachant que de toute façon tout s'écroule à la fin et que ça ne sert à rien parce que c'est le bordel.
Le problème est que de toute façon vous n'avez le temps de rien mêmùe aller aux toilettes peut entraîner une culpabilité intense: "mais et si je perdais cinq minutes d'études de Claudel?C'est vrai, ça ne fait que 10 heures que je travaille et j'ai péniblement étudié les quatre cinquièmes de l'oeuvre!" Alors le sommeil imaginez donc... Des heures inutiles passées à penser à autre chose que vos 6 auteurs et à vos traductions. C'est inutile et une perte de temps quand la dissertation vient. Là l'angoisse vous étreint "mais que vais-je faire? Il faut que je dorme mais je n'ai pas que ça à foutrezzzzzzzzzzz"Le temps est une denrée rare pendant l'agreg et qui dit denrée rére dit chère. On assiste souvent à des négociations bizarres "Si tu vas en Eusèbe, je viens à ta place en Duras. _ Non mais ça va pas, Duras est beaucoup plus chiant qu'Eusèbe j'accepte si tu vas en Claudel. _ Bon d'accord mais tu es dur en affaires toi."
L'agreg est une jungle sans pitié où cartouches d'encre et feuilles se monnaient en cours et photocopies pour grappiller du temps.
Et nous avons recours à diverses substances pour rester éveillés: le café reste un classique mais il faut boire quelques litres pour avoir la sensation d'être vivant pas juste une amibe, il a pour vertu de connecter les deux neurones nécessaires pour assurer les fonctions corporelles de base. Mais nous ne sommes pas égaux devant le sommeil, cet ennemi contre lequel il faut mener une guerre sans merci:
Bon évidemment il y a trois catégories, c'est original:
1) les marmottes: elles sont entrées en pleine hibernation, il fait moins de 5 degrés on ne les voit plus en cours( comme les flics qui ne patrouiullent plus tout le monde est chez soi...). Si elles viennent elles sombrent dans un coma irréversible. Imaginez, vous prenez fébrilement des notes mais vous ratez La phrase intelligente du cours, vous vous penchez pour regarder sur votre voisin et là c'est le drame. "Mais tu n'as écrit que le titre?! _Hein quoi? comment? où suis-je?"Là, de gentil étudiant bobo baba, vous devenez un serial killer, tel qu'Hannibal Lecter à côté a l'air d'un altermondialiste végétarien. Le pire, c'est qu'ils dorment tout le temps, n'en foutent pas une ( Oui oui c'est Germinal à côté) mais ça râle si on finit 5 minutes en retard. Ben oui, ils doivent faire leur sieste. Rassurez vous, elles n'auront pas l'agreg.
2) les sous amphétamines: trois mois que ça fait qu'ils ne dorment plus. Trois mois et leurs cernes font passer la Famille Addams pour une famille de Niçois. C'est entre la limace noire sous les yeux et l'oeil au beurre noir infligé par Mike Tyson. Sexe quoi. En juillet, ils entreront en étéation. 24 heures de sommeil, une anémie je vous dis pas. Ils auront tout fait, toutes les disserts, les thèmes, les versions mais s'écrouelront à l'oral parce que trop stressés ou pas. Ils m'énervent particulièrement parce qu'ils arrivent le lundi la bouche en coeur disant" moi j'ai fait ça, ça, ça, ça ça, ça..." ( ça fait une demi heure que le cours a commencé et ils en sont encore à te dire quelles versions ils ont faites).
3) les faignasses (moi entre autres): dort pas beaucoup la semaine mais le week end c'est 10 ou 11 heures. On se traîne pendant la semaine à faire mine de s'endormir en cours, traînant notre carcasse lourde mais le soir à 1 heure du mat' impossible de dormir. Il y a des jours où je me giflerais...
Désolée mais cette semaine mon ordi était en panne! Gros bisous et bienvenue au la gnaa et ma Cécé trouve un pseudo et lâche tes commentaires!

Posté par Sissyneck à 00:24 - H2G2 : the Hitch-Hiker's Guide to the agreG - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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